À l’occasion de la Journée mondiale de lutte et de prévention contre la rage, célébrée le 28 septembre, l’Institut Pasteur d’Algérie rappelle l’importance de la vaccination et de la prise en charge rapide après toute morsure ou griffure. La rage demeure une maladie mortelle à 100 % une fois déclarée, mais elle peut être évitée grâce à une prophylaxie adaptée et à la vaccination.
Intervenant à cette occasion, la Dr Fazia Mahiout, chef de département de médecine préventive à l’Institut Pasteur d’Algérie, a insisté sur la nécessité de ne jamais banaliser une morsure ou une griffure provoquée par un animal susceptible de transmettre le virus, notamment les chiens et les chats.
«En cas de morsure ou de griffure, il faut toujours se rendre dans une unité antirabique», a-t-elle rappelé, soulignant que l’Algérie dispose de près de 700 unités antirabiques réparties à travers le territoire national.
15 à 20 cas humains enregistrés chaque année
Selon la spécialiste, l’Algérie demeure un pays endémique pour la rage, avec environ 15 à 20 cas de rage humaine enregistrés annuellement. À l’échelle mondiale, la maladie provoque chaque année près de 60 000 décès humains, soit, selon les données rappelées par la spécialiste, un décès toutes les neuf minutes.
Face à cette situation, la prévention constitue un élément central de la lutte contre la maladie. La Dr Mahiout a rappelé que l’Institut Pasteur d’Algérie joue depuis longtemps un rôle dans la prise en charge des personnes exposées au virus. Le premier centre antirabique du pays y a été ouvert en 1894, notamment pour assurer la prise en charge des personnes victimes de morsures et de griffures par des animaux susceptibles de transmettre la rage.
La spécialiste a également souligné que la prévention ne relève pas du seul secteur de la santé. Elle implique plusieurs secteurs, dans le cadre d’une approche coordonnée.

Une responsabilité partagée entre plusieurs secteurs
Le secteur de la Santé intervient notamment à travers la vaccination et la prophylaxie post-exposition des personnes mordues ou griffées. Le ministère de l’Agriculture joue, pour sa part, un rôle dans la vaccination des animaux, notamment des chiens. Le ministère de l’Intérieur est également concerné, notamment à travers la gestion des déchets et la prise en charge de la population des chiens errants.
Pour Dr Mahiout, ces différents volets sont étroitement liés à la prévention de la rage. Elle a, par ailleurs, appelé les propriétaires d’animaux domestiques à assumer pleinement leur responsabilité, en particulier en matière de vaccination. Les propriétaires de chiens et de chats sont ainsi invités à faire vacciner leurs animaux et à veiller à leur enregistrement et au suivi de leur carnet de vaccination.
La gestion des déchets, un autre enjeu
La prévention passe également par une meilleure gestion des déchets domestiques. La spécialiste a appelé les citoyens à respecter les lieux et les horaires prévus pour le dépôt des déchets, afin de limiter les situations susceptibles de favoriser la prolifération des chiens errants.
À travers ces recommandations, l’Institut Pasteur d’Algérie entend rappeler, à l’occasion de cette journée mondiale, que la lutte contre la rage repose largement sur la prévention et la responsabilité collective.
Face à une maladie dont l’issue est fatale lorsqu’elle se déclare, la vaccination des animaux, la gestion responsable des déchets et surtout la consultation rapide après une morsure ou une griffure demeurent des gestes essentiels.
R. N.
