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6ème Congrès de la Société algérienne d’infectiologie (SAI) : Ces maladies qu’on croyait à jamais révolues… !

6ème Congrès de la Société algérienne d’infectiologie (SAI) : Ces maladies qu’on croyait à jamais révolues… !

Ces pathologies menacent, à coup de pandémies émergentes et réémergentes, la santé mondiale. Leur résurgence par intermittence remet perpétuellement en cause les avancées réalisées dans la recherche en termes de prise en charge. Cette problématique a été au centre des discussions lors des conférences programmées à l’occasion de cette rencontre annuelle.

Les travaux du 6ème Congrès de la Société algérienne d’infectiologie (SAI) ont été lancés vendredi à Alger avec deux conférences inaugurales ayant pour principales thématiques, deux sujets brûlants qui animent la toile de par le monde, à savoir, les nouveaux défis de l’infectiologie et l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) dans cette spécialité.

Le constat établi par les experts très au fait de ce domaine, quant à la prise en charge de ce type de pathologies, semble, plutôt favorable. D’aucuns parmi eux, reconnaissent, en effet, les efforts consentis par les autorités compétentes pour la mise en oeuvre la plus efficiente du plan national de lutte contre ces épidémies, adopté depuis 2002 et actualisé régulièrement en Algérie.

Professeur Smail Mesbah, infectiologie à l’hôpital d’El Kettar, parle d’ «avancées indiscutables» dans la lutte contre les maladies infectieuses. Il en veut pour preuve les « progrès réalisés en matière d’hygiène, le succès réel dans le domaine de la prévention et la mise au point de traitements anti-infectieux efficaces ».

Outre le développement des vaccins, Pr Mesbah note dans sa communication, une amélioration des conditions et de l’espérance de vie dans notre pays. Cependant, contraste-il, de nouveaux défis doivent être relever dans ce domaine.

Pour l’infectiologue, la lutte contre les maladies infectieuses de meure un « défi sanitaire mondial majeur, complexe et persistant ». Il s’agit, selon lui, d’un « fardeau problématique pour la santé publique » étant donné la « morbidité et la mortalité », pourtant « évitables » qu’il engendre.

Ces pathologies constituent, relève-t-il, une menace permanente pour la sécurité sanitaire internationale. Pr Mesbah a énuméré un certain nombre de défis qu’il juge utile de partager avec l’assistance, composée, faut-il le souligner, essentiellement de praticiens spécialistes ainsi que des paramédicaux.

La riposte des systèmes de santé, la prévention par la vaccination, la résistance aux antimicrobiens et la recherche sont autant de challenges proposés à la réflexion et aux débats par l’intervenant. Il a saisi l’occasion également pour rappeler le cadre référentiel mondial et les objectifs du développement durable d’ici à 2030 des Nations Unies qui visent à mettre fin à l’épidémie du Sida, à la tuberculose, au paludisme et aux maladies tropicales négligées.

L’hépatite et toutes les maladies transmissibles notamment par l’eau constituent aussi, l’autre vision stratégique fixée par les organismes internationaux de la santé. Pour lui, la riposte des systèmes de santé passe indubitablement par le contrôle et/ou l’élimination des maladies infectieuses prévalentes.

C’est d’intensifier en fait cette riposte en se basant sur l’approche «One Health» (une seule santé). Les résultats acquis à partir de de cette démarche doivent être consolidés, a-t-il suggéré, tout en maintenant une vigilance permanente.

Les nouveaux défis identifiés

Le couple Veille-Alerte doit être également de mise afin de pouvoir multiplier, en permanence, les actions d’anticipation face aux menaces récurrentes des maladies infectieuses émergentes et réémergentes.

Il est à noter que de par sa position géographique, la longueur de ses frontières (6200 km ) avec 7 pays, son trafic aérien et maritime accru, le fait dêtre une zone de transit de migration, une voie de passage pour la migration des oiseaux, ses conditions climatiques et environnementales sont autant de caractéristiques qui font de l’Algérie un pays réceptif par excellence, des pathologies infectieuses.

Si pour certaines maladies, l’élimination est bel et bien réelle (poliomyélite, le tétanos…), d’autres, en revanche, refont surface épisodiquement et connaissent une réémergence, constate Pr Mesbah. C’est le cas de la diphtérie (1993 et 2022) provoquée par une couverture vaccinale insuffisante surtout dans les régions frontalières du sud réputées, à risque endémique.

Le botulisme sous forme d’une flambée épidémique historique a défrayé la chronique en outre, en1998. En 2003, l’on a enregistré la réapparition ponctuelle, imprévisible et inexpliquée de la peste bubonique. Six ans plus tard, la grippe Ah1n1 s’était imposée en véritable menace émergente pandémique.

Le cas de réémergence le plus récent est celui attribué à la rougeole dans les régions frontalières du sud, en 2023. Cependant, la pandémie qui a engendré la double crise sanitaire et économique dans le monde et emporté avec elle des centaines de milliers de citoyen, est évidemment la Covid-19.

Face à toutes ces menaces, Pr Smail Mesbah a insisté sur la nécessité de mettre en place des dispositifs de vigilance tout en renforçant les capacités d’intervention rapide en cas d’urgence de santé publique. Il propose aussi, d’adapter un système national de surveillance pour une anticipation plus efficiente.

L’important rôle de l’IA

Un autre défi se dresse devant la communauté scientifique relevant de cette spécialité, quand bien même il n’a pas été cité par Pr Smail Mesbah dans sa communication : l’introduction de la technologie dans ce domaine et plus précisément l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) en infectiologie.

Ainsi, la capacité de l’IA à traiter des données complexes et non structurées, émanant de plusieurs sources, pour identifier des schémas et corrélations, en fait un outil clé pour anticiper les épidémies. L’IA est en mesure de contribuer à la prévention des maladies infectieuses et à la décision thérapeutique dans leur prise en charge.

L’intégration de l’IA dans la lutte contre les maladies infectieuses permet de réaliser des progrès rapides dans la recherche, la découverte de médicaments et approfondit la maitrise globale de la biologie des agents pathogènes. L’IA facilite la surveillance en temps réel et la modélisation prédictive.

Pour un bon usage des antimicrobiens

Par ailleurs, un constat a été établi lors de cette session. C’est la résistance aux antimicrobiens qui représente une menace majeure pour la santé publique mondiale. D’où l’intérêt pour le bon usage des antibiotiques.

Les programmes de bon usage des antibiotiques arrêtés dans ce cadre, visent à optimiser la prescription et l’utilisation des antibiotiques afin d’améliorer les résultats cliniques et de réduire les résistances.

La mise en œuvre d’un tel programme nécessite un engagement institutionnel ainsi que la création d’une équipe multidisciplinaire (infectiologue, pharmacien, microbiologiste …), a affirmé Adnene Toumi, Professeur au service des maladies infectieuses à l’hôpital Monastir en Tunisie.

B. K.

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