Aller au contenu
media training sur le cancer du col de l'uterus roche diagnostic

Lutte contre le cancer du col de l’utérus : La prévention est l’arme efficace, selon des spécialistes

Le cancer du col de l’utérus est évitable, car il est possible de dépister l’agent responsable avant l’apparition des premiers symptômes, selon des spécialistes invités lors d’un média training organisé par le laboratoire Roche-Algérie, le 4 février.

Quatrième cancer le plus fréquent chez la femme, selon l’OMS, avec une incidence de 8 cas pour 100 000 femmes et une mortalité de 4,6 cas pour 100 000 femmes dans le monde. La majorité des cas, soit 85 %, sont diagnostiqués en Afrique, où le taux de mortalité est le plus élevé.

En Algérie, le cancer de l’utérus affiche un taux d’incidence de mortalité très élevé, soit 56,31% des patientes perdent la vie.

Quatrième cancer féminin, il a une incidence de 1799 cas pour 100 000 femmes et une incidence de mortalité de 1013 décès pour 100 000 femmes, selon les chiffres de 2022 présentés par le Pr N. Merrouche, gynécologue-obstétricienne et cheffe du service de gynécologie au CHU de Tipaza.

Le Pr Merrouche explique que le taux élevé de mortalité est lié à deux facteurs : le retard dans le diagnostic et le manque d’accès aux soins en chimiothérapie et radiothérapie, les centres de soins étant souvent débordés par la prise en charge d’autres cancers fréquents, comme le cancer du sein.

Le HPV, responsable à 99%

Le papillomavirus humain (HPV) est, à près de 100%, responsable du cancer du col de l’utérus. Ce virus, sexuellement transmissible, comporte une centaine de types, dont au moins 13 sont oncogènes.

«Dans 95 % des cas, la femme élimine le virus, grâce à sa défense immunitaire, au bout de deux ans après la contamination. Dans 5 % des cas, le virus persiste et s’accroche au col de l’utérus en raison de plusieurs facteurs», selon le Pr Merrouche.

Elle ajoute que cette persistance dépend de plusieurs éléments, comme la charge virale (c’est-à-dire la présence de plusieurs types de HPV), le tabagisme (qu’il soit actif dans 75 % des cas ou passif dans 65 % des cas), la contraception orale de longue durée (plus de 5 ans), la multiparité, les maladies auto-immunes, les infections sexuellement transmissibles (IST) telles que la chlamydia et l’herpès, un microbiote vaginal altéré à cause de l’utilisation excessive de produits d’hygiène, un changement d’hygiène intime chez la femme, ainsi qu’une consommation élevée de sucre.

Le Professeur en microbiologie Dhaky Mohammedi, cheffe du laboratoire Herpèsvirus, papillomavirus et autres à l’Institut Pasteur, ajoute que le HPV est également responsable d’autres cancers. «Il est responsable à 90% des cancers anaux, de 80% le cancer du vagin, de 50% du cancer du vagin, et de 25% du cancer de la vulve», indique-t-elle.

Elle ajoute : «C’est la persistance d’un HPV à haut risque qui favorise l’évolution des lésions et mène au cancer. Cette évolution se fait sur une période de 15 à 20 ans, offrant ainsi largement le temps de prévenir la maladie grâce à un dépistage précoce».

Prévenir le HPV est la solution

Le cancer du col de l’utérus se manifeste par des signes avant-coureurs que les femmes ne doivent pas négliger. Le Pr Merrouche explique qu’il « se traduit par des saignements irréguliers après la ménopause, une augmentation des pertes vaginales, des douleurs pendant les rapports sexuels, ou encore des saignements vaginaux après les rapports sexuels».

Avant d’atteindre ce stade, le cancer du col de l’utérus peut être évité grâce à un diagnostic précoce. Il existe trois manières de prévention de ce virus : la vaccination et le dépistage par les tests FCV (Frottis cervico-vaginal) et HPV. Le vaccin contre le HPV n’étant pas encore introduit en Algérie, il existe les deux autres options.

«Toutes les femmes âgées de 25 à 65 ans doivent passer un test FCV tous les deux ans après leur premier rapport sexuel. En Algérie, le frottis est gratuit dans les EPSP (établissements publics de santé de proximité), et en cas de détection du HPV, la patiente devra passer d’autres examens, comme la colposcopie et le test HPV qui est disponible à l’Institut Pasteur », précise Pr Merrouche, qui encourage les femmes à se faire dépister régulièrement.

Yamina Baïr

error: Content is protected !!