Le marché de l’oncologie connait une progression significative à travers le monde et se poursuivra au fil des années au vu de l’augmentation de l’incidence du cancer jusqu’au 2050, a indiqué Rafik Zenati, général manager IQvia Algérie lors de la 19 -ème édition du Siphal qui s’est tenue à Alger du 5 au 8 février.
Dans sa communication intitulée «Tendance du marché de l’oncologie et étude de cas de la double affectation hôpital/officine», Rafik Zenati a signalé que cette tendance haussière de l’incidence du cancer touchera de plein fouet les pays à revenu faible et la moitié de l’augmentation des cas se trouve en Asie. « L’Afrique verra 1,6 million de nouveaux cas de cancer par an à partir de 2050, en hausse de 135 % », a- t-il souligné.
« 100 nouveaux traitements d’oncologie arriveront au cours des 5 prochaines années,
Ce qui induit inéluctablement une augmentation des dépenses avec une croissance à deux chiffres «Six sur 10 des tumeurs les plus importantes connaissent une croissance à deux chiffres», a expliqué M. Zenati en précisant que « les dépenses en médicaments anticancéreux ont atteint 223 milliards de dollars dans le monde et devraient atteindre 409 milliards de dollars en 2028 ».
Il rappelle que les cinq principaux types de cancer à savoir le cancer du sein, le cancer du poumon à petites cellules, Myélome multiple, cancer de la prostate et cancer du rein, tous réunis représentent 56% de l’ensemble des ventes de produits d’oncologie : « 100 nouveaux traitements d’oncologie arriveront au cours des 5 prochaines années, contribuant à l’augmentation des dépenses de 186 milliards de dollars pour atteindre 409 milliards de dollars en 2028 ».
M. Zenati a expliqué que l’adoption des médicaments biosimilaires en oncologie a été supérieure à 50% dans les principaux marchés à travers le monde. « Ce qui a permis d’économiser avec trois molécules 7,1 milliards de dollars en 2023 et 19 milliards de dollars depuis 2018».
11% du marché des médicaments en Algérie revient à l‘oncologie.
Pour ce qui est des coûts du cancer en Algérie le général Manager d’IQvia a souligné que l’Algérie consacre 6,3% du PIB pour les dépenses en santé et 25,6% sont consacrés aux traitements toutes pathologies confondues dont 11% de ce marché des médicaments revient à l‘oncologie.
Les parts de marché de la production locale connaissent une évolution significative, a ajouté M. Zenati en passant de 21% en 2021 à 36% en 2023 tout en précisant que la fabrication des médicaments génériques et de biosimilaires est passée de 26% en 2021 à 43% en 2023. «Ce qui permettra d’économiser sur certains produits d’oncologie», a -t-il dit.
Des dépenses qui nécessitent une optimisation avec l’implication de tous les acteurs concernés et la mise en place d’un écosystème appuyant l’approche de cette affectation de certaines molécules de l’hôpital vers l’officine sachant que 36 % des dépenses de santé sont à la charge des patients.
Un modèle qui a connu un essor dans certains pays européens et scandinaves a précisé M. Zenati et de recommander de lancer des opérations pilotes avant de généraliser l’opération.
L’implication des assurances privées dans le financement de ces dépenses de santé s’inscrit également dans les principaux mécanismes pour la mise en œuvre de cette approche et la faire évoluer.
Djamila Kourta
