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master class sur la greffe rénale

Relance de la greffe rénale: La feuille de route de la société algérienne d’immunologie

A l’issue des travaux d’une master class organisée sur la greffe rénale sur donneur vivant , la société algérienne d’immunologie a adopté une série de recommandations adressées aux autorités sanitaires et à l’Agence nationale de greffe. 

Structurées autour de quatres axes constituant une feuille de route ,ces recommandations  impliquent  tous les acteurs concernés par cette activité.

Face aux limites persistantes du prélèvement sur donneur décédé par mort encéphalique (DEME), la relance de la transplantation rénale en Algérie exige l’optimisation absolue du donneur vivant afin de réduire la souffrance des patients en dialyse”, a indiqué Pr Malika Bouali Benhalima, coordinatrice de cette mater class, en rappelant que  la communauté scientifique et médicale algérienne s’est mobilisée pour définir les piliers d’une relance durable.

Le don croisé érigé en priorité nationale

Première urgence pour la SAI est  le développement du don croisé. Les experts estiment que ce dispositif, désormais encadré par la loi de 2018, doit être pleinement opérationnel.

«Ce n’est plus une option, mais un devoir national», ont souligné les participants a t-elle rappelé, en mettant en avant la capacité des équipes à transformer les incompatibilités immunologiques en véritables chaînes de solidarité capables de sauver des vies.

Vers une équité territoriale des soins

Deuxième axe stratégique, explique Pr Benhalima, est l’unification des laboratoires HLA à l’échelle nationale. L’objectif est de mettre en réseau les structures existantes à Alger, Oran, Constantine et dans d’autres régions, afin d’”harmoniser les pratiques et garantir une égalité d’accès à la greffe pour tous les patients.

Cette standardisation est considérée comme essentielle pour assurer un même niveau d’excellence, indépendamment du lieu de prise en charge.

Une souveraineté biologique à construire

La création d’un référentiel national de type cPRA (Calculated Panel Reactive Antibody) constitue la troisième priorité a ajouté Pr Benhalima. Les experts jugent inadapté de continuer à s’appuyer sur des bases de données étrangères pour évaluer le risque immunologique des patients: “Le développement d’un panel HLA propre à la population algérienne est ainsi présenté comme un enjeu stratégique pour améliorer la précision des diagnostics et optimiser les résultats des greffes.

master class société algerienne d'immunologie

Un virage numérique indispensable

Enfin, la réussite de cette transformation repose sur le déploiement de deux plateformes numériques nationales , sous l’égide de l’Agence nationale de greffe, a insisté Pr Benhalima et d’expliquer: “La première  plate forme sera dédiée à la gestion de la liste d’attente des donneurs décédés, afin d’assurer transparence et équité. La seconde concernera l’appariement dans le cadre du don croisé, permettant d’organiser efficacement les chaînes de donneurs et de sécuriser les procédures.”

Si l’optimisation du don vivant constitue une priorité immédiate pour répondre à l’urgence, le développement du don post-mortem s’inscrit dans une vision stratégique à long terme a expliqué Pr Benhalima.

Une nouvelle ère pour la greffe rénale en Algérie

Pour la  spécialiste, l’avenir de la transplantation rénale en Algérie repose sur trois piliers  : une immunologie de précision, un suivi biologique moins invasif et une organisation collaborative des programmes en souhaitant un accompagnement de cette dynamique par les pouvoirs publics.

Par ailleurs, les organisateurs ont salué l’implication de plusieurs figures du domaine, notamment le Pr Nekhla, directeur général de l’Agence nationale de greffe, ainsi que les Pr Bouali, Djidjik, Belhadj et des experts internationaux comme le Pr Alice Aarnink et le Dr Nicolas Congy.

Djamila Kourta

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