
27000 consultations dans les centres intermédiaires de soins en addictologie (CISA), répartis sur le territoire national, ont été enregistrées au courant de l’année 2022 dont 320 patients traités gratuitement à la méthadone, une substance substitutive aux opiacés.
Le ministère de la santé exhorte les consommateurs de drogues à se rendre dans ces centres de soins pour être pris en charge, affirmant qu‘ils sont dotés de tous de moyens « Un personnel qualifié est aujourd’hui apte à répondre aux besoins de ces jeunes et les aider à reprendre leurs vie en main », souligne le Pr Hanane Hocine, professeur en psychiatrie, médecin chef du service de soins en addictologie à l’EHS Aboubeukeur azzi à Annaba et responsable du centre intermédiaire en addictologie dans la même ville, à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre la drogue le 26 juin dernier.
Elle affirme que le nombre de consultations a considérablement augmenté au cours de ces dernières années dont la majorité des patients sont de sexe masculin. « Sur les 27000 consultations, 5000 femmes se sont présentées à travers les différentes structures. Ce qui représente une partie infime de ce qui est derrière. L’on estime, par ailleurs, que chaque consultant cache six personnes consommatrices de drogues qui ne consultent pas », a- t-elle précisé en insistant sur l’importance de sensibiliser plus de jeunes aux dangers et les effets néfastes de la drogue sur la santé.
Pour mieux convaincre ces consommateurs à se rendre au CISA, il est important, selon elle, de sensibiliser et de former ceux qui ont déjà consulté pour témoigner de leurs parcours et le pas vers la sortie de l’addiction . Rappelant que le milieu des consommateurs est communautaire, le Pr Hocine déclare : « Il est souvent difficile d’éloigner ces toxicomanes de cette situation de dépendance et les ramener vers les CISA. Mais il est important de leur faire comprendre et les interroger , à travers les témoignages des personnes qui ont réussi à se débraser de l’addiction, que veulent-ils- faire de leur vie et leur faire prendre conscience de leur addiction. C’est en fonction de cela que les choses peuvent être envisagées », a- t-elle suggéré.
Le Pr Hocine, signale qu’une personne souffrant d’addiction souhaitant consulter n’a pas besoins d’une lettre d’orientation d’un médecin. « La personne se présente au centre le plus proche de son domicile menu de son document d’identité et elle sera vite prise en charge par un infirmier pour un premier entretien pour être orienté vers le psychologue et enfin, par la suite, prise en charge en consultation d‘addictologie si c’est nécessaire. Certains ont besoin d’un suivi psychologique alors que d’autres d’un arsenal thérapeutique plus robuste », a-t-elle expliqué et de rassurer que l’hospitalisation n’est qu’ « une étape du processus de soin » dans le cas où elle est nécessaire.
Au moment où la personne accepte de reprendre le contrôle sur sa vie, un processus de prise en charge est alors enclenché avec un protocole thérapeutique et bénéficiera d’un suivi rigoureux. « Cela commence avec une diminution progressive des quantités de drogues consommées jusqu’au sevrage. Mais le plus important vient après les soins ,notamment la réhabilitation qui fait appel à tous les autres secteurs pour une insertion sociale et offrir une nouvelle chance pour ces personnes vulnérables », a -elle ajouté tout en rappelant le travail « formidable effectué par des équipes » des différents centres de soins en addictologie notamment à , Constantine, Annaba, Oran, Ouargla, Alger malgré toutes les disparités en terme de ressources humaines et de moyens en général. Des campagne de sensibilisation et de prévention sont nécessaires aujourd’hui auprès des écoliers et des parents, a- t-elle ajouté.
le Pr Mohamed Chakali, sous-directeur de la promotion de la santé mentale au ministère de la santé rappelle que l’Etat a mis en place les mécanismes nécessaires pour lutter contre ce fléau à travers la création des structures de santé, la formation d’une centaine de spécialistes en addictologie et les textes réglementaires, pour prendre en charge les consommateurs en les considérant comme étant des malades qui doivent bénéficier d’un traitement.
Pour le Pr Chakali , il est important pour les parents de dédramatiser la situation et sensibilisent leur enfants aux moyens de traitement. Il signale qu’une prise en charge médicale en ambulatoire est assurée au sein des 46 centres dédiés répartis sur le territoire national et 6 centres hospitaliers dans le respect et la confidentialité totale.
Djamila kourta