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Hypertension artérielle : l’Algérie intensifie sa riposte contre le « tueur silencieux »

​À l’occasion de la Journée mondiale de l’hypertension artérielle, célébrée ce 17 mai 2026, le ministère de la Santé a déployé une vaste campagne nationale de sensibilisation et de dépistage  à Alger. Objectif : freiner la progression fulgurante de la première maladie non transmissible du pays à travers la prévention et un futur plan stratégique national 2025-2030.

​Le message est clair : « Mesurez votre tension avec précision, surveillez-la et vivez plus longtemps ». C’est sous ce slogan évocateur que le ministère de la Santé a donné le coup d’envoi d’une offensive sanitaire majeure au centre Marina Mall d’Alger. L’événement, de portée nationale, a rassemblé un parterre de hauts responsables, dont des représentants de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), de l’Agence nationale de sécurité sanitaire, de la Direction de la santé et de la population (DSP) de la wilaya d’Alger, ainsi que de nombreux experts et cliniciens.

​L’enjeu est de taille. L’hypertension artérielle (HTA) avance à bas bruit, privant souvent les patients de signaux d’alerte avant l’apparition de complications potentiellement dramatiques.

HTA : Le premier défi épidémiologique en Algérie

​Lors de son allocution, le Dr Youcef Tarfani, directeur de la prévention des maladies non transmissibles au ministère de la Santé, a tiré la sonnette d’alarme sur la trajectoire inquiétante de cette pathologie. Les données épidémiologiques actualisées font froid dans le dos :

​En Algérie, l’hypertension artérielle s’impose désormais comme la première maladie non transmissible, affichant une prévalence alarmante de 23,6 % au sein de la population.

​À l’échelle internationale, le constat n’est guère plus rassurant. L’OMS estime qu’un adulte sur trois souffre d’hypertension, classant cette affection au premier rang des causes de décès évitables dans le monde. Le Dr Tarfani a insisté sur la dangerosité à long terme de ce fardeau vasculaire, rappelant qu’il constitue le lit des accidents vasculaires cérébraux (AVC), des cardiopathies ischémiques et de l’insuffisance rénale chronique, touchant de plein fouet les populations vieillissantes.

Transition épidémiologique et modes de vie délétères

​Pourquoi une telle explosion des cas ? Pour les autorités sanitaires, la réponse réside principalement dans la transformation rapide de nos habitudes de vie. La hausse de l’incidence de l’HTA est intrinsèquement corrélée à plusieurs facteurs de risque modifiables :

  • ​Une alimentation déséquilibrée et l’omniprésence des produits ultra-transformés.
  • ​Une consommation excessive de sel, bien au-delà des recommandations médicales.
  • ​La sédentarité croissante et le manque d’activité physique.
  • ​Le tabagisme chronique et le vieillissement global de la population algérienne.

​Face à ces déterminants comportementaux, le ministère de la Santé martèle que la prévention clinique et l’éducation thérapeutique restent les armes les plus efficaces. Les cardiologues et nutritionnistes présents recommandent unanimement une transition vers un régime alimentaire plus sain, la pratique régulière d’un exercice physique, le sevrage tabagique complet et, surtout, l’autosurveillance tensionnelle régulière.

Cap sur 2030 : Un nouveau plan stratégique en préparation

​Conscientes de la charge que représentent les maladies chroniques pour le système de soins et l’économie de la santé, les autorités ont réaffirmé leur volonté politique de faire des maladies non transmissibles une priorité nationale absolue.

​Après l’achèvement du premier plan national initié en 2015, le ministère de la Santé a annoncé mettre la dernière main à un nouveau plan stratégique national 2025-2030. Cette feuille de route sectorielle ambitionne de restructurer en profondeur la médecine de premier recours, d’optimiser les circuits de dépistage précoce et d’harmoniser les protocoles de prise en charge thérapeutique à travers le territoire national.

Clinique mobile : Cinq jours pour se faire dépister gratuitement

​Sur le terrain, la mobilisation se traduit par des actions concrètes de proximité. En partenariat avec la clinique mobile « Route de la prévention », un grand espace de dépistage gratuit du diabète et de l’hypertension est accessible aux citoyens au niveau du centre Marina Mall d’Alger, et ce, jusqu’au 20 mai 2026.

​Cette opération de santé publique cible en priorité les adultes âgés de 35 ans et plus. Pour bénéficier de ces bilans, les citoyens sont invités à se présenter à jeun. Les équipes médicales sur place dispensent des consultations flashs et des examens biologiques rapides afin de déceler les anomalies métaboliques et vasculaires de manière précoce, limitant ainsi le risque de survenue d’accidents cardiovasculaires majeurs.

​Par ce déploiement, l’Algérie espère opérer un véritable changement de paradigme : faire passer la population d’une médecine purement curative à une solide culture de la prévention.

Les chiffres clés de l’HTA

​23,6 % : C’est le taux de prévalence de l’hypertension artérielle en Algérie.

​1 sur 3 : Le nombre d’adultes touchés par l’HTA à l’échelle mondiale selon l’OMS.

​35 ans et plus : L’âge cible prioritaire pour la campagne de dépistage gratuit en cours à Alger.

Rania.N

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