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Le remplacement valvulaire aortique par voie percutanée (TAVI): Appel à la prise en charge financière

Le remplacement valvulaire aortique par voie percutanée (TAVI), une technique révolutionnaire dans le traitement du rétrécissement aortique, est lancée depuis deux ans en Algérie.

Près d’une centaine de patients ont été pris en charge dans les structures publiques et établissements privés. L’accès à cette nouvelle technique reste limité au vu du coût élevé de la valve a souligné, vendredi, le Pr Salim Benkhedda, chef de service cardiologie au CHU Mustapha Bacha et directeur du Laboratoire de recherche cardio-oncologie de l’université Alger 1, Benyoucef Benkhedda lors de la rencontre consacrée à ce thème.

Il rappelle que le TAVI a de nombreux avantages significatifs par rapport à la chirurgie traditionnelle et la technique a « un avenir  prometteur, avec des améliorations continues dans les techniques d’implantation, les dispositifs de valve et les critères de sélection des patients», en soulignant l’importance de lancer la réflexion sur son financement et l’implication des pouvoirs publics dans la prise en charge financière.

Il signale que la valve coûte, à elle seule, trois millions dinars sans compter toutes les dépenses liées à l’accompagnement de l’intervention. «Dans les centres privés, cette technique avoisine les 6 millions de dinars et elle est la charge du patient», a- t-il déploré.

Il appelle à la mise en place des mécanismes de financement permettant à des patients d’en bénéficier dans les secteurs public et privé  au vu de tous les bénéfices procurés notamment «la récupération plus rapide  et une réduction des complications péri opératoires. Les taux de mortalité à 30 jours après TAVI ont considérablement diminué au fil du temps», a -t-il indiqué en faisant référence à la procédure appliquée pour l’acquisition du  pacemakers par le patient, pris en charge localement par le secteur sanitaire du patient.

La technique sera, a-t-il expliqué, prise en charge, au début, avec des indications limitées aux patients présentant des risques élevés pour une chirurgie de remplacement de la valve aortique et avec des procédures d’évaluation multidisciplinaires en choisissant des centres spécialisés garantissant la qualité de soins des résultats pour les patients éligibles à la procédure.

Ces mécanismes de financement ont fait l’objet de débats lors de la table ronde sur « les premiers pas du TAVI et aspects médico économiques » à laquelle ont  pris part des cardiologues interventionnels des CHU et des cliniques privées. Le recours au conventionnement avec les caisses de la sécurité sociale pour la prise en charge de la technique a été fortement recommandé.

Une piste à ne pas écarter  selon la directrice des programmes de soins, de l’éthique et de la déontologie médicale au ministère de la santé Mme Leila Benbernou  qui a représenté le ministre de la Santé M. Abdelhak Saihi.

Elle estime que la technique peut être également inscrite par les établissements hospitaliers spécialisés dans le chapitre budget programme mis en place cette année et éventuellement dans le cadre des programmes relevant des  centre référents.

Il est à rappeler  que le premier TAVI a été effectué en 2002 à Rouen en France, ensuite aux Etats Unis en 2007 avant de s’élargir aux autres pays du monde où 1,5 millions de personnes ont bénéficié de cette technique.

Djamila Kourta

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