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Diabète et Ramadan: Mieux préparer les patients pour la prévention des complications

Diabète et Ramadan: Mieux préparer les patients pour la prévention des complications

Les travaux du 2éme congrès de l’Alliance Diabète et Ramadan DAR francophones, ouverts vendredi à Alger, ont axé sur les dernières recommandations FID/DAR portant sur le diabète et Ramadan tout en mettant en exergue l’importance du score de risque.

Un score sur lequel tous les praticiens doivent se baser pour évaluer les patients diabétiques désirant jeûner, a souligné le Pr Rachid Malek, président du DAR francophone et chef de service médecine interne au CHU de Sétif.

«Cette évaluation permet de classer le niveau de risque et établir un plan pour suivre le patient durant cette période. Il est question de réajuster le traitement, renforcer l’autosurveillance glycémique et une éducation thérapeutique, a-t-il expliqué en soulignant l’importance d’accompagner le patient pour assurer une meilleure prise en charge et jeûner en sécurité.

D’ailleurs, a-t-il ajouté, les premiers résultats d’une récente étude sur des patients autorisés à jeûner ont montré que les patients ont bien toléré le jeûne sans complications graves. L’éducation du patient, est l’une des recommandations sur laquelle ont insisté les différents intervenants en mettant l’accent sur l’autosurveillance.

Un point sur lequel est revenu le Pr Ines Kochtali endocrinologue et chef de service au CHU Monastir en Tunisie, et membre du comité scientifique du DAR. Il est important de sensibiliser les médecins afin de mieux conseiller leurs patients diabétiques qui veulent jeûner a-t-elle indiqué. Pour elle, le message le plus essentiel est la bonne éducation thérapeutique avant le ramadan.

Elle rappelle qu’une consultation 6 à 8 semaines avant le ramadan doit être mise en place et décider selon le DAR score qui va faire le jeûne et qui ne va pas le faire.

«Le jeûne est autorisé en cas de risque faible, déconseillé s’il est moyen et interdit s’il est élevé. Le médecin apporte ainsi des arguments au patient, mais doit l’accompagner malgré tout s’il persiste dans sa volonté, ce qui souvent le cas”, a-t-elle souligné en rappelant que les résultats de l’étude qui a porté sur 16000 patients diabétiques et a concerné l’Afrique, la région MENA et une partie de l’Asie ont montré que 70% d’entre eux, dont 1500 diabétiques avec les maladies cardiovasculaires, ont jeûné malgré les conseils des médecins.

Elle a fait savoir que ces patients avec les maladies cardiovasculaires présentent beaucoup d’hypoglycémie, des hospitalisations aux urgences et dans les services médicaux et un quart des cas ne rompt pas le jeûne malgré les signes d’hypoglycémie.

“Ce sont pour la majorité des personnes âgées et traitées à l’insuline avec des comorbidités. Il est important d’accompagner ces patients afin de leur éviter des complications, a-t-elle ajouté.

Le Pr Amar Tabiabia, chef de service médecine interne à l’hôpital de Birtraria qui a fait une rétrospective de la revue de la littérature sur l’impact du jeûne sur les patients diabétiques atteints de maladies rénales chroniques, a souligné qu’à travers les études publiées il n’y a «pas de preuve que le jeune soit préjudiciable pour ces patients», tout en préconisant, tout de même, une évaluation sur le score de risque et d’autres facteurs.

Pour le Pr Tbaibia, il est nécessaire d’adopter une approche holistique globale pour améliorer les résultats et éviter les complications chez les patients diabétiques atteints de maladies rénales chroniques.

Djamila Kourta

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