La prise en charge du diabète de type 1 évolue vers une médecine plus précoce, plus personnalisée et plus éducative, où le rôle du clinicien reste central . C’est ce qui ressort des dernières recommandations de la 3e edition de la Master class PeDiab Academy organisée, la semaine dernière, par les laboratoire Sanofi Algérie à Alger.
Face à l’augmentation préoccupante des cas de diabète de type 1, les spécialistes insistent sur une meilleure compréhension de la maladie, un diagnostic précoce et une prise en charge adaptée. Les avancées récentes, tant sur le plan scientifique que thérapeutique, ouvrent de nouvelles perspectives, tout en soulevant des défis organisationnels et cliniques.
Le dépistage précoce, un enjeu stratégique
Une meilleure compréhension de la maladie a permis de définir différents stades de la maladie, y compris une phase pré-symptomatique détectable grâce à la présence d’auto-anticorps, a indiqué Pr Assia Gueddouar cheffe de service pédiatrie au CHU Hussein Dey. « Parmi les pistes évoquées figurent notamment certains facteurs alimentaires ainsi que le rôle du microbiote intestinal, susceptible d’induire une hyperperméabilité et de déclencher une cascade immunologique », a-t-elle expliqué. Ce qui rend aujourd’hui le dépistage comme un enjeu stratégique chez les sujets à risque et qui doit être proposé de manière ciblée, a -elle insisté.
Les bénéfices de ce dépistage a souligné Pr Gueddouar est surtout la réduction du risque d’acidocétose inaugurale, la préservation partielle de la fonction pancréatique, une meilleure anticipation de la prise en charge et la préparation psychologique des familles.
Diagnostic basé sur des critères précis
Le second message fort émanant de cette master class est le diagnostic qui doit reposer, selon Pr Bensmina Manoubia, cheffe de service de pédiatrie au CHU Douéra, sur des critères biologiques bien établis à savoir la glycémie à jeun élevée, hyperglycémie aléatoire ou résultats d’hyperglycémie provoquée. Toutefois, elle met également en garde contre certaine erreurs : « Ne pas se baser sur uniquement sur une glycémie capillaire, éviter les biais pré-analytiques et tenir compte de certaines situations particulières (hémoglobinopathies, maladies associées)”, a t-elle ajouté. Elle a également faut référence à l’importance du typage du diabète afin de distinguer un diabète de type 1 d’un diabète de type 2 ou autres . « En pratique, chez l’enfant, le principe de précaution prévaut : tout diabète est initialement considéré comme un diabète de type 1 jusqu’à preuve du contraire », a indiqué Pr Bensmina.
Des avancées thérapeutiques encourageantes
Les avancées thérapeutiques ont également fait l’objet de discussion durant les deux journées de la Master Class. « Des progrès notables ont été réalisés, notamment avec l’émergence de traitements capables de ralentir la destruction des cellules pancréatiques, retardant ainsi l’évolution de la maladie », a fait savoir Pr Bouferoua qui a insisté sur le maintien des objectifs proches de la normale en matière d’insulinothérapie selon l’âge de l’enfant . Elle estime que le plus important est de réduire les hypoglycémies et retarder la survenue des complications dégénératives.
L’éducation thérapeutique au cœur de la prise en charge
Le dernier axe de ces recommandations élaborées, par les quatre expertes, est l’éducation thérapeutique qui constitue un pilier fondamental dans la prise en charge d’un enfant vivant avec le diabète. Elle inclut, selon Pr Dahila Bekkat, chef de service pédiatrie à l’hôpital Bainem, l’apprentissage à l’insulinothérapie, la gestion de l’alimentation avec calcul des glucides, adaptation à l’activité physique et conduite à tenir en cas de maladie intercurrente.
Elle précise que l’Education thérapeutique doit être structurée, adaptée à l’âge de l’enfant et assurée par une équipe pluridisciplinaire. L’objectif de cette approche est de rendre l’enfant et sa famille autonomes, tout en optimisant l’équilibre glycémique et la qualité de vie.
Djamila Kourta
