L’accès aux médicaments innovants, à usage hospitalier, en Algérie a fait l’objet d’une étude empirique menée par des internes en pharmacie de la faculté de pharmacie d’Alger, publiée le 7août dans le deuxième numéro du Journal Algérien de pharmacie, organe officiel d’expression de la fédération algérienne de pharmacie (FAP). L’étude suggère l’adoption d’autres instruments évaluatifs des thérapies innovantes, outre l’aspect relatif aux coûts, pour assurer un accès équitable à ces médicaments.
L’ analyse des facteurs d’accès au marché des spécialités innovantes en Algérie : cas des médicaments hospitaliers est la problématique étudiée . La commercialisation de ces molécules enregistrées depuis 2017 n’était pas autorisées au vu de leurs coûts élevés alors que la quasi -totalité des médicaments avaient un ARM important révèlent les résultats de l’étude.
Les auteurs de l’étude, Djafri Racha, Djemai Soraya, Aissaoui Amine, Laichour Abdelmalek, Boudis Abdelhakim ont procédé à une analyse descriptive sur les caractéristiques de l’échantillon, ensuite, l’impact de certaines de ces caractéristiques sur le délai entre l’obtention de la décision d’enregistrement (DE) et l’inscription de ces produits sur la liste commerciale PCH.
La première observation faisant objet d’introduction est le fait que l’accès aux médicaments innovants à usage hospitalier, en Algérie, est conditionné par leur inscription sur la liste commerciale de la Pharmacie Centrale des Hôpitaux (PCH) : « Cependant, de nombreux traitements des cancers et des Maladies Auto-Immunes (MAI) enregistrés depuis 2017 n’ont été inscrits à la liste PCH qu’en 2021 » .
Les résultats de l’étude ont montré que parmi les anticancéreux, 7 types de cancers solides et 2 hématologiques ont été identifiés sur 22 produits répertoriés classés en dénomination Commune internationale (DCI) : «3/4 des médicaments de l’immunologie étaient indiqués pour la sclérose en plaques (SEP)», notent les auteurs et de signaler que 7 médicaments sur 22, avaient un statut orphelin et seulement 6 sur 22 n’avaient pas d’alternatives thérapeutiques.
«La quasi-totalité des médicaments avaient un SMR important», signalent-t-ils et de préciser que différents niveaux d’ASMR ont été retrouvés avec 9 sur 22 médicaments à ASMR II ou III.
“Le délai variait de quelques mois à 4 ans avec une moyenne de 3 ans”
Concernant le délai entre la décision d’enregistrement et l’inscription sur la liste PCH, l’étude a montré qu’«il variait de quelques mois à 4 ans avec une moyenne de 3 ans» dont les critères influençant du délai sont la prévalence des maladies et les coûts des produits, avancent les auteurs.
A propos des coûts annuels par patient, «une disparité plus importante était observée», indiquent-t-ils, dans les coûts annuels par patient allant de 9000 à plus de 400 000 euros avec une moyenne de 80.000 euros. Et de souligner qu’aucun lien n’apparaît avec l’existence d’alternatives thérapeutiques et le niveau d’ASMR.
En conclusion, la fédération algérienne de pharmacie recommande à travers cette étude, « des prises de décisions plus rationnelles nécessiteraient l’adoption d’autres instruments évaluatifs des thérapies innovantes».
Les auteurs affirment qu’il reste difficile d’assurer un accès équitable à ces médicaments «lorsqu’une considération de coûts entre en jeu».
Djamila Kourta
