Les piqûres de scorpion et l’inoculation accidentelle de leur venin constituent un vrai problème de santé publique dans la région du sud Est du pays. 46908 cas de piqures de scorpion ont été déclarés dont 24 mortels en 2023, selon le rapport annuel sur la situation épidémiologique l’envenimation scorpionique publié aujourd’hui par l’INSP.
L’analyse de la situation épidémiologique de 2023 a montré que le nombre de cas de piqûres a subi une variation de pourcentage de +8,45 alors que celle des décès elle est de -4% selon le rapport de l’INSP. Le Le plus grand nombre de décès a été enregistré dans la wilaya d’El Bayadh avec 4 cas.
«La létalité la plus élevée est retrouvée à In Guezzam avec 0,43% suivi par celle de Tamanrasset avec 0,29%. Les wilayas de Timimoun, Ouargla et El Oued n’ont enregistrée aucun décès cette année», signale-t-on en précisant que les wilayas M’Sila et Adrar ont un taux de létalité́ inférieur au taux national. Il est respectivement de 0,03% et 0,04%.
Il été également souligné qu’aucun décès n’a été signé au Nord du pays. «Le premier décès à été enregistré le mois de mai contrairement à l’an dernier où il a été enregistré au mois de mars. 70,83% des décès ont eu lieu durant la saison estivale» en précisant que juin, juillet, août et septembre, ont les taux de décès les plus élevés.
Les personnes les plus touchées par le décès sont les enfants de moins de 14 ans soit un taux de 55,54% des cas.
Le même taux est retrouvé chez les enfants de 1 -4 ans et les adultes de 15-49 ans soit 36,36%, indique la même source en précisant qu’aucun décès n’a été enregistré chez les enfants moins d’un an et le même constat a été fait chez les hommes âgés de plus de 50 ans.
Le rapport fait savoir que 85,71% des personnes piquées résident en milieu rural et plus de la moitié des cas sont survenus à l’intérieur des habitations soit 52,38% et 47,62% à l’extérieur des habitations et le risque de se faire piquer par un scorpion est plus élevé́ en soirée à partir de18h-00h et diminue progressivement vers le matin.
Il est ainsi relevé que les scorpions sont plus actifs dans ces zones où « l’accès aux soins médicaux d’urgence est limité ». La région Sud-est présente le plus grand taux de piqûres avec 27,85%, suivie par les Hauts-plateaux-centre à 18,56%. A l’opposé, le Nord-est à le taux le plus bas avec seulement 1,93%.
Quant à la prise en charge médicales des victimes, l’INSP rapporte que 33,33 % d’entre elles sont examinées en premier lieu dans un Établissement Publique Hospitalier (EPH )et une polyclinique.
En conclusion, Il est ainsi recommandé de redoubler de vigilance car l’envenimation scorpionique nécessite une intervention rapide et efficace combiné à des mesures préventives et éducatives pour diminuer de manière significative les taux de mortalité et de morbidité
A noter que lors d’un point de presse consacré à la situation épidémiologique des envenimations scorpioniques en 2023, le Directeur général de l’Institut national de la Santé publique (INSP) Pr Abderrezak Bouamra a mis en garde les citoyens de ces régions du pays contre ce risque sanitaire, leur recommandant des précautions à prendre afin de s’en prémunir.
Il s’agit notamment de bien fermer les fenêtres et les portes, de vérifier l’intérieur des chaussures avant de les porter, de secouer vêtements, literie et autres objets susceptibles d’y abriter les scorpions et d’éviter de s’asseoir sur l’herbe, a-t-il expliqué.
Djamila Kourta
