En marge du 2ᵉ Congrès de la Société algérienne des cancers gynécologiques, le professeur Mokrane Medjtoh, chef de service de gynécologie-obstétrique au CHU Parnet, a tenu à alerter sur un risque de confusion aux conséquences graves : celle entre sarcome utérin et fibrome.
«Le sarcome est une pathologie cancéreuse rare mais agressive, qui peut compromettre gravement le pronostic vital de la patiente», explique le Pr Medjtof. Or, ses symptômes initiaux – comme les saignements abdominaux – peuvent ressembler à ceux d’un fibrome, une affection bénigne et très fréquente en gynécologie.
«Le fibrome est souvent un motif de consultations. C’est une pathologie bien connue, généralement simple à opérer et avec un bon pronostic. Mais il ne faut jamais banaliser un cas, surtout chez une femme âgée. Derrière ce que l’on pense être un fibrome, il peut en réalité s’agir d’un sarcome.»
Un enjeu majeur chez les jeunes femmes
Chez la femme âgée, une chirurgie radicale ne pose généralement pas de problème. En revanche, chez une jeune femme en âge de procréer, le dilemme est plus délicat : «Si l’on opte pour une chirurgie conservatrice à tort, on risque de passer à côté d’un sarcome. Ce type de cancer peut métastaser rapidement et conduire à un décès en quelques mois», prévient-il.
D’où la nécessité de toujours évaluer minutieusement chaque cas, même en présence d’un diagnostic a priori bénin.
Le cancer de l’ovaire, autre défi de taille
Le Pr Medjtof évoque également la complexité du traitement des cancers de l’ovaire, souvent diagnostiqués à un stade avancé. «À ce niveau, la chirurgie devient extrêmement lourde et nécessite une prise en charge multidisciplinaire. Ce type de cancer ne peut être géré par un seul médecin ou un simple suivi gynécologique. Il doit être traité dans un cadre spécialisé, avec des équipes formées à ce type d’intervention.»
Un appel à la vigilance
Pour le chef de service au CHU Parnet, le message est clair : «Il faut sensibiliser à la différence entre les pathologies bénignes et les cancers rares mais graves comme le sarcome utérin. Et surtout, orienter les patientes vers une prise en charge spécialisée dès que le moindre doute existe.».
Rania N.
