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Cancers gynécologiques : Former et prévenir pour sauver des vies

Détectés trop tard, souvent silencieux, les cancers gynécologiques continuent de faire des ravages. Mais la  2 -ème édition du Congrès national dédié à ces pathologies a mis en lumière les moyens concrets de changer la donne. En première ligne, Pr Fadela Madaci plaide pour une médecine plus proactive, mieux formée et centrée sur la prévention.

Le congrès, organisé par l’Association scientifique des cancers gynécologiques, a démarré par une session de formation intensive destinée aux jeunes médecins. Objectif : les initier aux réalités de la chirurgie carcinologique.

«C’est en préparant les praticiens d’aujourd’hui que nous donnons une chance aux patientes de demain», souligne Pr Madaci. La maîtrise de l’anatomie pelvienne, la gestion des complications peropératoires ou encore la connaissance des protocoles internationaux sont désormais incontournables.

Adapter la prise en charge à des cancers complexes

Trois thématiques ont structuré les échanges : les sarcomes utérins, les cancers de l’ovaire et ceux associés à la grossesse. Autant de pathologies rares ou complexes, mais pour lesquelles la recherche et la clinique progressent.

«Les sarcomes utérins, par exemple, nécessitent une approche personnalisée et un diagnostic rapide. Chaque avancée compte», rappelle la spécialiste.

Le cancer de l’ovaire reste cependant le plus préoccupant : il évolue souvent sans symptôme visible et échappe encore trop souvent à une détection précoce. «Le diagnostic arrive généralement à des stades avancés, ce qui limite fortement les options thérapeutiques», déplore-t-elle.

Redonner à la prévention une place centrale

Au-delà des traitements, c’est sur la prévention que Pr Madaci souhaite voir les efforts se concentrer. Elle appelle à une large sensibilisation des femmes aux signaux d’alerte – même discrets – et à l’importance d’un suivi gynécologique régulier. «Une échographie pelvienne annuelle, c’est un geste simple qui peut sauver des vies. Il faut banaliser ce réflexe», insiste-t-elle.

Sédentarité, alimentation déséquilibrée, tabac… Les facteurs de risque sont bien connus, encore faut-il que les femmes soient informées et écoutées.

Vers des recommandations nationales

L’ambition affichée de ce congrès : poser les bases de recommandations actualisées pour harmoniser les pratiques de diagnostic et de prise en charge. «On ne peut plus se permettre d’attendre. Le moindre mois gagné peut faire la différence entre une guérison et une rechute», conclut la Pr Madaci.

Rania N.

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