Le ministère de la Santé engage une nouvelle étape dans la modernisation de la santé scolaire avec la mise en place progressive d’un dossier médical individuel pour chaque élève dès la première année du primaire. Actualisé au fur et à mesure des examens médicaux, ce dossier doit permettre d’améliorer le suivi de l’état de santé des enfants, de renforcer le dépistage précoce et de faciliter leur orientation vers les structures de soins lorsque cela est nécessaire.
La mesure est prévue dans l’instruction n°24 du 30 août 2026, relative aux activités de santé scolaire pour l’année 2026-2027. Le document, adressé notamment aux walis, aux directions de la santé, aux établissements hospitaliers et aux structures éducatives, fixe une nouvelle organisation des activités des unités de dépistage et de suivi (UDS).
Un suivi médical dès l’entrée à l’école
Dès la première année du primaire, chaque élève devra disposer d’un dossier médical « complet et fiable ». Les parents seront appelés à renseigner plusieurs éléments essentiels concernant la santé de leur enfant, notamment ses antécédents médicaux, ses allergies, l’existence éventuelle d’une maladie chronique ainsi que sa situation vaccinale.
Le dossier sera ensuite actualisé à chaque examen périodique, afin de disposer d’une vision plus précise de l’évolution de l’état de santé de l’élève. Cette démarche doit également contribuer, progressivement, à la numérisation des dossiers médicaux au niveau des unités de dépistage et de suivi.
Le ministère insiste toutefois sur la nécessité de garantir la confidentialité des données médicales recueillies dans le cadre de ce dispositif.
Pour assurer son déploiement, les UDS devront reprendre leurs activités parallèlement à la rentrée administrative du secteur de l’Éducation nationale. Leur renforcement en personnels, équipements et moyens logistiques est également préconisé, avec pour objectif de tendre vers une équipe médicale pour 4 000 élèves.
Des examens médicaux à plusieurs étapes de la scolarité
Le programme de santé scolaire concerneront notamment les élèves des classes préparatoires, des première et quatrième années du primaire, des première et quatrième années du collège ainsi que des première et troisième années du secondaire.
Le dépistage bucco-dentaire sera, pour sa part, réalisé auprès des élèves des classes préparatoires, des première, deuxième et quatrième années du primaire ainsi que de la deuxième année du collège.
Cette organisation vise à identifier suffisamment tôt les problèmes de santé susceptibles d’avoir des répercussions sur la scolarité, le développement ou la qualité de vie de l’enfant.
Santé mentale : renforcer le repérage précoce
Les psychologues et les orthophonistes seront mobilisés pour participer au repérage des élèves présentant des difficultés et à leur orientation vers les structures appropriées.
Une attention particulière sera accordée aux enfants confrontés à des difficultés d’apprentissage, des troubles du comportement, un handicap ou des situations sociales précaires.
Le ministère prévoit également la mise en place d’un système d’alerte précoce destiné à améliorer la circulation de l’information et la coordination entre les enseignants, les administrations des établissements, les équipes de santé scolaire et les parents.
Dans ce même objectif, les clubs de santé scolaire devront être réactivés. Ils auront notamment pour rôle de favoriser l’écoute, la sensibilisation des élèves et la promotion des comportements favorables à la santé.
Des équipes mobiles pour les zones isolées
Afin de réduire les disparités d’accès au suivi médical scolaire, des équipes mobiles seront déployées dans les établissements situés dans les zones isolées. La formation des équipes de santé scolaire devra, par ailleurs, être généralisée dans les 69 wilayas.
Cette organisation doit permettre d’assurer une présence médicale plus régulière dans les établissements et de rapprocher les prestations de prévention et de dépistage des élèves qui rencontrent davantage de difficultés d’accès aux structures de santé.
Hygiène et prévention des maladies transmissibles
Avant la rentrée scolaire, des contrôles périodiques de l’hygiène et de la sécurité devront être réalisés dans les établissements, en coordination avec les collectivités locales et les bureaux communaux de santé.
Les cantines scolaires, sanitaires, dortoirs et points d’eau potable feront l’objet d’une surveillance particulière. Les anomalies constatées devront être prises en charge dans les meilleurs délais.
Le ministère prévoit également une procédure accélérée pour le signalement et la prise en charge des maladies transmissibles en milieu scolaire. Les travailleurs des cantines devront, de leur côté, bénéficier d’un examen médical périodique au moins deux fois par an.
Vaccination et éducation sanitaire
L’instruction rappelle par ailleurs l’importance du respect du calendrier national de vaccination, notamment pour les élèves de première année du primaire, du collège et du secondaire. Des séances de rattrapage seront organisées pour les enfants qui n’ont pas reçu les vaccins requis.
Enfin, les équipes de santé scolaire sont appelées à intensifier les actions d’éducation sanitaire, notamment celles consacrées à la prévention du tabagisme, tout en encourageant davantage la pratique d’une activité physique régulière.
L’ensemble de ces actions s’inscrit dans la préparation de la Journée nationale de la santé scolaire, célébrée chaque année le 29 septembre.
Rania N.
