Le ministre de l’industrie pharmaceutique, Ouacim Kouidri, a annoncé mardi dernier, à l’occasion de la présentation du portail box d’accès aux produits pharmaceutiques, que la liste des médicaments essentiels sera rendue publique cette semaine.
Ce qui définira, selon le ministre, la stratégie nationale de l’industrie pharmaceutique en Algérie en fonction des besoins thérapeutique. La mise en place du PAPP permet justement au secteur de renforcer le système national de santé et assurer la disponibilité des médicaments nécessaires, efficaces et de qualité, a t-il ajouté.
Un comité intersectoriel à pied d’œuvre
A cet effet, un comité d’experts chargé d’émettre un avis sur la liste de médicaments essentiels a été installé, en avril 2026, comprenant 21 membres représentant différents secteurs concernés.
Il est attendu de ce comité de mettre à jour la liste nationale des médicaments essentiels, à travers l’évaluation technique et scientifique en vue d’une sélection rigoureuse des produits adaptés aux pathologies les plus répandues dans le pays, tout en garantissant la disponibilité des médicaments les plus performants et efficaces, qu’ils soient produits fabriqués localement ou importés, afin d’assurer la sécurité sanitaire.
Ce comité, présidé par Pr Amar Tebaibia, regroupe des représentants des secteurs de la Défense nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, de la Santé, du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSS), de l’Agence nationale des produits pharmaceutiques (ANPP), de la Pharmacie centrale des hôpitaux (PCH), de l’Institut Pasteur d’Algérie, du Centre national de pharmacovigilance et de matériovigilance (CNPM), outre des experts et spécialistes en médecine, pharmacie et chirurgie dentaire, sélectionnés par leurs ordres professionnels respectifs.
Garantir l’accès aux produits essentiels
Cette liste des médicaments essentiels représentée sous forme de deux listes dans la nomenclature nationale des médicaments sera donc mise à jour selon les recommandations de l’OMS qui introduit dans sa dernière version, dans la liste modèle des médicaments essentiels 2025, plusieurs molécules innovantes notamment pour le traitement des cancers.
Dans les directives de l’OMS, il est précisé que “seuls les médicaments anticancéreux ayant démontré un bénéfice clinique majeur– prolongation de la survie d’au moins 4 à 6 mois – sont retenus” et de préconiser des stratégies d’optimisation des traitements, comme l’ajustement des posologies, pour améliorer l’accès aux soins tout en réduisant les coûts. Ces mesures visent à réduire les fortes inégalités mondiales dans la prise en charge du cancer.
Par ailleurs, le Ministère de la santé a publié, en mars 2026, une décision fixant la liste des produits pharmaceutiques et “dispositifs médicaux critiques”. Ce qui semble être, sans doute, la même terminologie que “médicaments essentiels”.
Cette décision permet de garantir leur disponibilité et prévenir toute rupture susceptible d’entraîner des conséquences graves pour les patients.
Les produits en question concernent les différentes DCI formes et dosages confondus ainsi que les vaccins, sérums et dispositifs médicaux. «Sont considérés comme produits pharmaceutiques et dispositifs médicaux critiques les produits dont la disponibilité est essentielle à la protection de la santé publique», stipule l’article 1 de la décision ministérielle en expliquant que leur indisponibilité, même temporaire, peut en effet entraîner des conséquences cliniques graves ou immédiates pour les patients.
Ces produits occupent une place stratégique dans la prise en charge des patients, notamment dans les situations où leur disponibilité conditionne directement la continuité des soins. Des produits indispensables à la santé publique.
Le texte souligne que ces risques sont particulièrement importants lorsque les alternatives thérapeutiques appropriées sont inexistantes, insuffisantes ou inadaptées.
“La vulnérabilité de certains patients est également prise en compte, notamment ceux dont la prise en charge dépend étroitement de ces produits essentiels”, est-il souligné.
À travers cette décision, les autorités sanitaires entendent renforcer la sécurité d’approvisionnement et anticiper les situations de rupture susceptibles de compromettre la prise en charge médicale.
En attendant la publication par le ministère de l’industrie pharmaceutique de cette liste des médicaments essentiels, dans les prochains jours, des partenariats stratégiques pour la fabrication des médicaments contre le cancer ont été lancés depuis une année à travers des investissements public-privé notamment le groupe Saïdal qui s’est allié à Orion Lab, Roche, Democedes, Sanofi, Boerheinger…
D. K.