Alors que le groupe public Saïdal et le laboratoire suisse Roche viennent de signer un contrat industriel définitif pour produire des traitements contre le cancer du sein en Algérie, la dénomination commune internationale (DCI) exacte de la molécules ou des molécules à fabriquer n’est pas encore dévoilée.
Gardée jalousement sous le sceau du secret industriel, cette thérapeutique revêt essentiellement une valeur ajoutée hautement stratégique pour la souveraineté sanitaire algérienne.
Pour en savoir plus, nous nous sommes documentés sur le portefeuille de Roche en Algérie et sur les produits susceptibles d’aboutir à ce type de partenariat stratégique avec le groupe Saïdal. En signant l’accord définitif du 10 septembre 2026, le groupe public Saïdal et le géant suisse Roche n’ont pas simplement paraphé un contrat de transfert de technologie de plus.
Au vu des déclarations des uns et des autres, la molécule qui fera l’objet de fabrication localement semble s’inscrire dans le chapitre des thérapeutiques innovantes voire combinées à forte valeur ajoutée.
Il est clair que le produit retenu par Saïdal pour le transfert technologique et la fabrication locale est la thérapie combinée (pertuzumab et trastuzumab) d’autant que le laboratoire Orion Lab a déjà pris une longueur d’avance en devenant le premier producteur local du Trastuzumab, le biosimilaire, la molécule centrale du porte feuille Roche dans le cancer du HER2+ .
Le choix stratégique de la double thérapie sous-cutanée
Introduire la thérapie exclusive de Roche, le “Phesgo“, une combinaison de molécules (pertuzumab et trastuzumab) indiquées dans le cancer du sein administrée par voie sous cutanée, l’Algérie entend faire un choix stratégique.
Il s’agit d’assurer une disponibilité et une pérennité tout en réduisant la facture à l’importation, sécuriser le marché, passer à une capacité nationale de production de médicaments biologiques à haute valeur ajoutée et transformer le quotidien des patients.
Pour comprendre la solidité de ce contrat d’application final, il faut impérativement se projeter quatorze mois en arrière. C’est donc en stricte conformité avec le mémorandum d’entente signé le 21 juillet 2025 entre les deux laboratoires qui a fixé les règles du jeu et a pu déboucher sur l’association brevetée par le laboratoire suisse : le Trastuzumab et le Pertuzumab.
Selon certaines sources, le calendrier industriel est désormais en marche. En s’appuyant sur les jalons du mémorandum, le site d’El Harrach entamera le conditionnement secondaire en 2027 de ce produit, avant de maîtriser le procédé de fabrication complet (Full Process) à l’horizon 2028-2029.
En ciblant le Phesgo, Saïdal obtient une thérapeutique à forte valeur stratégique pour le marché africain et Roche de son côté, pourra commercialiser son produit, déjà enregistré en Algérie, dont le statut est actuellement inactif.
Les laboratoires Saïdal et Roche tracent désormais les contours d’un partenariat gagnant-gagnant, marquant les premiers jalons vers une innovation exclusive, en parfaite cohérence avec la stratégie de l’Algérie visant à devenir, à terme, un hub incontournable de la biotechnologie en Afrique du Nord.
D. K.
