La nouvelle version, révisée en août 2026, du Projet de Politique Pharmaceutique Nationale accorde une place renforcée aux dispositifs médicaux. Le document affiche une ambition claire : garantir la disponibilité de produits sûrs et performants tout en réduisant progressivement la dépendance aux importations et en développant une industrie nationale compétitive.
Vers une filière nationale intégrée
La stratégie mise sur le développement de la production locale, notamment dans les segments à forte valeur ajoutée, les produits innovants et les domaines où l’offre nationale demeure insuffisante. Le projet encourage également la création d’écosystèmes industriels associant dispositifs médicaux, consommables, réactifs, logiciels et services.
La production nationale pourrait par ailleurs être davantage prise en compte dans l’encadrement des importations lorsque les produits fabriqués localement répondent aux exigences techniques, économiques et réglementaires.
Cette montée en puissance devra toutefois s’accompagner d’exigences strictes en matière de qualité et de sécurité. L’homologation préalable des dispositifs médicaux reste centrale, avec un rôle majeur confié à l’Agence nationale des produits pharmaceutiques (ANPP) dans l’évaluation, le contrôle et l’inspection.
De la qualité à l’export
La politique renforce également la matériovigilance afin d’assurer une surveillance des dispositifs après leur mise sur le marché. Le Centre national de pharmacovigilance et de matériovigilance (CNPM) participe notamment au suivi des incidents et des risques liés à leur utilisation.
Autre enjeu : accompagner l’évolution technologique du secteur, avec l’essor des dispositifs connectés, des logiciels médicaux et des technologies intégrant l’intelligence artificielle.
Au-delà de la satisfaction des besoins nationaux, l’Algérie entend désormais préparer ses fabricants à l’exportation. Mise à niveau industrielle, conformité aux standards internationaux et innovation doivent permettre de renforcer la présence des produits algériens sur les marchés régionaux, notamment africains.
Le projet prévoit enfin des indicateurs pour mesurer les progrès réalisés, à travers notamment la production locale, l’intégration industrielle, les homologations, la recherche-développement et les exportations.
À travers cette nouvelle orientation, le dispositif médical est ainsi appelé à devenir un maillon stratégique de la souveraineté sanitaire et industrielle de l’Algérie.
D. K.
