Le président du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens, Dr Noureddine Mettioui, alerte sur le retard dans la publication des textes d’application encadrant la profession. Il plaide pour un cadre réglementaire clair, une meilleure concertation avec le ministère de la Santé et un contrôle renforcé de l’exercice pharmaceutique.
Intervenant lors du congrès SALAM Days organisée avec le syndicat des biologistes (SALAM), Dr Noureddine Mettioui a salué l’évolution de ces rencontres professionnelles, «devenues au fil des années un espace d’échange et d’innovation pour la profession».
Il a toutefois insisté sur un point majeur : l’urgence de la mise en œuvre des textes d’application. «Nous les attendons toujours. Leur absence freine la modernisation du secteur et crée un vide réglementaire préjudiciable à la profession», a-t-il souligné.
Des pratiques non conformes à encadrer
Le président de l’Ordre a également pointé du doigt certaines dérives observées sur le terrain, notamment la réalisation d’actes biomédicaux dans des structures non équipées.
«Il n’est pas normal que des analyses médicales soient effectuées dans des cabinets non habilités. Ces actes doivent se pratiquer dans des laboratoires conformes, dotés de matériel certifié et de personnel qualifié», a-t-il rappelé.
Près de 24 000 dossiers en attente de traitement
Selon Noureddine Mettioui, l’Ordre a recensé entre 20 000 et 24 000 dossiers en attente de traitement à travers le pays. « Aucun dossier ne devrait être validé sans consultation préalable de l’Ordre. Nous sommes garants de l’éthique et de la régulation du secteur », a-t-il insisté.
Chaque année, quatre à cinq nouveaux agréments pharmaceutiques sont délivrés pour pallier les besoins nationaux. Cependant, certaines installations auraient été autorisées sans concertation avec l’Ordre, un fait que le président du CNOP qualifie de «regrettable».
Pour une meilleure concertation avec les autorités sanitaires, M. Mettioui a enfin appelé à une coordination plus étroite entre le ministère de la Santé, les directions de wilaya et l’Ordre national.
«Il faut rétablir un dialogue permanent et transparent. L’avenir du secteur pharmaceutique dépend d’une régulation forte et d’un partenariat institutionnel solide», a-t-il conclu.
Rania N.
