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Diabète et vision : les experts plaident pour un plan national de prévention

Diabète et vision : les experts plaident pour un plan national de prévention

À l’occasion de la Journée mondiale de la vue, les spécialistes appellent à une stratégie nationale pour enrayer les déficiences visuelles liées au diabète.

Réunis lors d’une session « Media Training » organisée par Roche Algérie, des ophtalmologistes ont alerté sur l’urgence de mieux prévenir les complications oculaires du diabète, notamment l’œdème maculaire diabétique.

Selon eux, il est temps de mettre en place un plan national de santé publique dédié à cette pathologie silencieuse qui menace la vision de milliers de patients.

Un fléau mondial en pleine expansion

Les données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sont sans appel : d’ici 2050, 1,5 milliard de personnes dans le monde vivront avec le diabète, contre 500 millions aujourd’hui. Le coût économique global du diabète, estimé à 780 milliards de dollars en 2025, pourrait franchir le cap des 1 000 milliards dans les vingt-cinq prochaines années.

Un fardeau financier et humain considérable, que seule une stratégie préventive coordonnée pourrait contenir. Les experts insistent sur la nécessité d’une approche multisectorielle, impliquant les autorités publiques, les professionnels de santé, les associations et la société civile.

Agir en amont pour sauver la vue

Pour le Pr Malika Terrahi, cheffe de service d’ophtalmologie au CHU Nefissa Hammoud (ex-Parnet), la prévention reste la clé. «Plus le diabète est ancien, plus le risque de complications oculaires, notamment l’œdème maculaire diabétique, est élevé. C’est une complication redoutable qui reflète la gravité de la maladie métabolique», souligne-t-elle.

Elle rappelle que la première ligne de défense repose sur la prise en charge des facteurs associés, en particulier l’hypertension artérielle, en collaboration avec les cardiologues. «Lorsqu’un patient diabétique présente une hypertension, il faut la traiter rapidement, car cela conditionne l’évolution des lésions oculaires», précise-t-elle.

Le Pr Terrahi insiste également sur la nécessité d’un dépistage ophtalmologique systématique dès le diagnostic du diabète, puis renouvelé chaque année :

«Le moment où l’on découvre le diabète ne correspond pas toujours à son apparition réelle ; la maladie peut évoluer depuis plusieurs années avant d’être détectée. D’où l’importance d’un examen ophtalmologique complet dès la découverte du diabète.»

Selon elle, les traitements modernes – laser, injections intravitréennes ou médicaments anti-VEGF – donnent de bons résultats à condition d’être administrés très précocement. «Plus on agit tôt, plus les chances de récupération sont grandes», affirme-t-elle.

Elle appelle enfin à renforcer la sensibilisation des patients et à développer des circuits nationaux de dépistage coordonné. «Dans les pays où le suivi est bien organisé, les complications graves du diabète sont devenues rares. C’est ce modèle que nous devons adopter pour préserver la vision de nos patients.»

Anticiper les défis des vingt prochaines années

«Il ne suffit plus de raisonner à court terme», a déclaré un intervenant. «L’objectif est de planifier dès aujourd’hui les politiques de santé des quinze à vingt prochaines années.»

Pour les spécialistes, agir dès maintenant est la seule façon d’éviter que les générations futures ne soient, à leur tour, frappées par les complications du diabète et de la déficience visuelle.

Un dépistage régulier, une meilleure coordination entre le public et le privé, ainsi qu’une campagne nationale de sensibilisation figurent parmi les principales recommandations issues de cette rencontre scientifique.

D. K.

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