L’Organisation algérienne de protection et d’orientation du consommateur et de son environnement (APOCE) tire la sonnette d’alarme face à la prolifération inquiétante de produits dermatologiques à visée thérapeutique commercialisés en dehors du circuit pharmaceutique légal. Ces produits, vendus notamment dans des instituts de beauté ou promus via les réseaux sociaux, exposent les consommateurs à de graves complications cutanées pouvant aller jusqu’à des déformations permanentes.
Selon l’APOCE, de nombreux produits destinés à l’origine à un usage médical sont aujourd’hui détournés de leur fonction et proposés comme des solutions esthétiques rapides, sans aucun diagnostic médical ni suivi spécialisé. Ces pratiques ciblent principalement les jeunes et les femmes, sous des promesses attrayantes de traitement de l’acné, des taches pigmentaires ou de l’éclaircissement de la peau, en particulier au niveau du visage.
Corticoïdes, acides puissants et substances interdites
Parmi les produits les plus préoccupants figurent des pommades contenant des corticoïdes puissants, des médicaments qui ne doivent être utilisés que sur prescription médicale et sous la surveillance d’un dermatologue, en raison de leurs effets secondaires potentiellement graves en cas de mauvaise utilisation.
L’organisation met également en garde contre les produits de peeling chimique renfermant des acides agressifs, tels que l’acide rétinoïque, l’acide salicylique à fortes concentrations, ainsi que les acides de fruits. S’ajoutent à cela des crèmes éclaircissantes contenant de l’hydroquinone, une substance strictement réglementée, ainsi que des mélanges artisanaux ou industriels d’origine inconnue intégrant des composants chimiques non autorisés.
Des conséquences parfois irréversibles sur la peau
L’APOCE insiste sur le fait que l’utilisation de ces produits sans évaluation médicale rigoureuse peut entraîner de sérieuses complications, notamment des brûlures cutanées, un amincissement sévère de la peau, des inflammations aiguës, des troubles de la pigmentation durables, voire des lésions et déformations cutanées difficiles à traiter.
Des produits soumis à la réglementation pharmaceutique
Contrairement à ce que laissent croire certaines publicités, ces produits ne sont pas de simples cosmétiques. Ils sont classés comme médicaments ou شبه-médicaments, et leur vente en dehors des pharmacies constitue une infraction à la législation sanitaire en vigueur. Leur utilisation doit impérativement se faire sous la supervision d’un professionnel de santé qualifié.
Appel à la vigilance et à l’application de la loi
Face à cette situation, l’APOCE appelle les citoyens à faire preuve de prudence et à ne pas se laisser séduire par des annonces trompeuses sur les plateformes numériques. L’organisation exhorte également les autorités compétentes à renforcer les contrôles et à engager des poursuites contre les contrevenants, afin de protéger la santé publique et de prévenir les dérives susceptibles d’engager la responsabilité pénale des vendeurs.
R.N
