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Dr. Amel Zertal, infectiologue et responsable des consultations pour adultes et enfants séropositifs à l’EHS El Hadi Flici

Dr Amel Zertal, infectiologue : «Nous constatons une augmentation des infections au VIH chez les usagers de drogues intraveineuses»

Infectiologue responsable des consultations pour adultes et enfants séropositifs à l’EHS El Hadi Flici à Alger, Dr Amel Zertal revient dans cette interview sur l’augmentation des infections au VIH, particulièrement dans des populations vulnérables, et sur l’importance du dépistage et de la prévention.

Interview réalisée par Yamina Baïr

  • Depuis quelques mois, on parle d’une augmentation des infections au VIH. Les chiffres officiels semblent en décalage avec ceux rapportés par les infectiologues et les associations. Qu’en est-il réellement ?

Nous constatons une augmentation significative des nouvelles infections ces dernières années, une tendance qui touche toute la région MENA. Les statistiques du ministère de la Santé sont globalement correctes, dans le moment que la tendance est correcte et indique une tendance vers de nouvelles infections. La progression des infections s’explique par plusieurs facteurs, notamment un manque de dépistage et l’impact du Covid-19.

La pandémie a provoqué un relâchement des programmes de santé, y compris ceux relatifs au VIH. Il y a également un problème de stigmatisation et de discrimination, car en Algérie, le VIH reste une épidémie de faible prévalence, concentrée dans certaines populations spécifiques, à savoir les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, les professionnelles du sexe et les usagers de drogues intraveineuses.

Ces groupes ont un accès limité aux soins, au dépistage et à la sensibilisation, ce qui entraîne un manque de données précises. Autrefois, les usagers de drogues intraveineuses étaient davantage exposés aux hépatites C et B, mais depuis six mois, nous constatons une augmentation des infections au VIH, liée aux pratiques d’injection et au partage de seringues.

  • Comment renforcer la prévention ?

La prévention passe par une approche ciblée, en allant directement vers ces populations à risque. Aujourd’hui, il y a des évidences qui indiquent que l’épidémie est concentrée dans ces groupes. Et c’est là qu’intervient la société civile. Il faut savoir qu’en Algérie, la lutte contre le VIH repose sur une approche multisectorielle. La société civile est un partenaire incontournable dans cette réponse, agissant comme un médiateur entre les soins médicaux et la sensibilisation au dépistage.

  • Le VIH fait toujours peur. Quels sont ses modes de transmission ?

Il existe trois modes de transmission du VIH : La transmission sexuelle, par rapport sexuel non protégé. Le préservatif reste l’outil de protection incontournable. La transmission mère-enfant, qui est un point important pour l’élimination de la transmission du VIH, et enfin la transmission par le sang. Le VIH est une maladie chronique, comme le diabète ou l’hypertension.

C’est une maladie qu’on peut maitriser. Lorsqu’un patient est dépisté séropositif, il peut suivre un traitement antirétroviral, devenant ainsi non transmissible et pouvant mener une vie normale.

Si un patient est dépisté négatif, il peut adopter de nouveaux comportements, être plus vigilant et éviter de s’exposer aux risques. Le dépistage reste un outil fondamental dans la prévention de cette pathologie.

Y. B.

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