En Algérie, la campagne nationale de vaccination contre la poliomyélite dépasse largement la simple administration de doses vaccinales. Elle s’inscrit dans une démarche globale, fondée sur l’information du public, un suivi minutieux sur le terrain et une évaluation continue des résultats.
Cette approche a été mise en avant par Nassima Saï, chargée du programme d’éradication de la poliomyélite au Ministère de la Santé, lors d’une rencontre dédiée au bilan des premières phases de la campagne.
L’information, pilier de la réussite vaccinale
«Le véritable défi réside dans la diffusion d’une information fiable, claire et accessible», a souligné la responsable, saluant l’engagement des équipes de terrain. Leur mobilisation a permis d’atteindre des taux de couverture vaccinale particulièrement élevés, révélateurs d’une adhésion croissante des familles.
Déployée selon une organisation rigoureuse, la campagne repose sur des données administratives précises et sur des indicateurs visibles sur le terrain. Le marquage du doigt des enfants vaccinés, parfois sujet à interrogations, s’inscrit dans cette logique de traçabilité.
«Chaque acte vaccinal est systématiquement enregistré dans les registres officiels et dans le carnet de santé. Le marquage du doigt constitue un outil complémentaire, permettant une vérification rapide du statut vaccinal lors des enquêtes menées hors domicile», a expliqué Dr Saï.
Un suivi actif sur le terrain
Ces enquêtes sont réalisées dans différents espaces publics — rues, jardins, gares ou stations de transport — afin de toucher les enfants absents lors du passage des équipes à domicile. Deux mécanismes sont mobilisés : le monitorage indépendant pendant la campagne et les enquêtes de validation à son issue.

L’objectif est d’identifier rapidement les poches de non-vaccination. Une fois repérées, des équipes mobiles interviennent pour rattraper les enfants non vaccinés et compléter leur protection.
Au total, 43 884 enfants ont été enquêtés, soit près de 98 %, couvrant 274 établissements publics de santé de proximité (EPSP), pour un objectif national fixé à 95 %. Ces opérations ont également permis d’évaluer l’efficacité des actions de communication déployées.
Comprendre les freins à la vaccination
L’analyse des données a mis en évidence plusieurs causes de non-vaccination. La plus fréquente demeure l’absence des familles lors du passage des équipes, souvent liée aux déplacements. Une réticence à la vaccination a été observée dans environ 29 % des cas, tandis que l’indisponibilité des parents représente près de 18%.
Malgré ces contraintes, la campagne a bénéficié d’une large appropriation par l’ensemble des partenaires. Les autorités locales ont été fortement impliquées, une communication de proximité a été déployée, et la contribution des écoles coraniques s’est révélée déterminante pour atteindre un grand nombre d’enfants.
Une attention particulière a également été accordée aux populations spécifiques, notamment les nomades, les migrants et les réfugiés, afin de garantir une couverture vaccinale équitable.
Pour la responsable du programme, l’ensemble de ces efforts illustre une approche proactive et inclusive, renforçant la protection des enfants et rapprochant l’Algérie de son objectif d’éradication définitive de la poliomyélite.
Rania N.
