Le ministre de la Santé, Abdelhak Saihi, a donné ce mardi le coup d’envoi des travaux d’une importante rencontre nationale dédiée à la réforme des services des urgences médico-chirurgicales. L’événement s’est tenu à l’Institut national de formation supérieure paramédicale d’Alger, en présence de cadres centraux, d’experts, de chefs de service, ainsi que de directeurs de la santé des différentes wilayas, connectés à distance.
Le ministre a, d’emblée, planté le décor : « La problématique des urgences n’est pas spécifique à l’Algérie. C’est un défi global auquel sont confrontés la majorité des systèmes de santé dans le monde ». Pour y faire face, le ministère entend élaborer un programme opérationnel, réaliste et adapté aux réalités du terrain.
Pour Saihi, la modernisation des urgences passe par une vision claire, un diagnostic rigoureux et une mobilisation des ressources disponibles, tant humaines que matérielles. Il a appelé à une évaluation profonde des forces et faiblesses du système actuel, afin de bâtir une stratégie fondée sur des données concrètes.
Le tri médical, une mesure qui porte déjà ses fruits
Le ministre a mis en avant les premiers résultats positifs du tri médical instauré dans certains hôpitaux, citant notamment l’exemple du CHU Mustapha Bacha. « Plus de 80 % des cas reçus aux urgences ne sont pas de réels cas urgents », a-t-il déploré. Il a rappelé que le passage par les polycliniques pour un premier diagnostic doit devenir la norme, afin de désengorger les hôpitaux et recentrer leur action sur les urgences vitales.
Vers plus d’autonomie pour les services des urgences
Autre point clé abordé : l’autonomie de gestion des services d’urgence, avec davantage de flexibilité dans la prise de décision. Cette réforme vise à améliorer la réactivité et la qualité de la prise en charge, tout en maintenant la coordination au sein des établissements de santé.
Des recommandations attendues pour transformer le système
Les travaux de cette rencontre aboutiront à une série de recommandations qui serviront de feuille de route pour l’amélioration des performances du système de santé, en adéquation avec les attentes des citoyens.
En marge de la rencontre, le ministre a visité la nouvelle salle de simulation médicale de l’Institut paramédical, récemment équipée. Il y a assisté à une séance de formation de futurs infirmiers en deuxième année de licence, et s’est entretenu avec les formateurs sur les apports de cette technologie innovante dans la formation pratique.
Rania N.
