Le ministre de la Santé, Abdelhak Saihi, a présidé lundi une réunion de coordination axée sur une question sensible : le règlement des dettes des établissements publics de santé (EPS) envers la Pharmacie centrale des hôpitaux (PCH) et l’Institut Pasteur d’Algérie (IPA). L’objectif est clair : assurer la continuité de l’approvisionnement en médicaments, vaccins et sérums.
Organisée par visioconférence depuis Alger, cette réunion a réuni les directeurs de la santé des wilayas, les responsables des établissements de santé et les cadres de l’administration centrale. Tous ont été confrontés à un constat préoccupant : les dettes accumulées pèsent lourdement sur les structures de distribution des produits médicaux vitaux.
Des décisions fermes et un calendrier imposé
Après avoir entendu les exposés des responsables financiers du ministère, ainsi que des directeurs généraux de la PCH et de l’IPA, le ministre a insisté sur l’urgence d’une action immédiate : «L’approvisionnement régulier des hôpitaux est une priorité absolue. Il n’est pas question de tolérer une dégradation de la qualité des soins», a-t-il déclaré.
Parmi les décisions phares prises lors de cette réunion, le ministre a ordonné la mise à jour obligatoire de la nomenclature budgétaire des établissements publics de santé (EPS), avec l’introduction de deux articles spécifiques pour couvrir les dépenses en médicaments (Pharmacie centrale des hôpitaux) et en vaccins/sérums (Institut Pasteur d’Algérie).
Il a également exigé l’élaboration, d’ici le 30 juin 2025, d’un plan de remboursement des dettes accumulées, adapté aux capacités financières de chaque établissement, sans pour autant compromettre la régularité de l’approvisionnement. Enfin, un appel clair a été lancé pour renforcer la transparence et la coordination entre les EPS et les structures de distribution, en améliorant les mécanismes de gestion et de suivi financier.
Renforcer la coordination avec la PCH et l’IPA
Lors de la même réunion, le ministre a appelé à renforcer la coordination entre les établissements publics de santé, d’une part, et les organismes d’approvisionnement, d’autre part, à savoir la PCH et l’IPA, et ce en améliorant les mécanismes de gestion et de suivi financier, et en consolidant l’efficacité des systèmes de contrôle interne.
Rationalisation des budgets et transparence
À ce titre, le ministre a souligné «l’importance de rationaliser les dépenses et d’orienter les budgets en fonction des priorités sanitaires effectives, tout en activant les mécanismes de suivi et d’évaluation continus, à l’effet de limiter les dysfonctionnements et d’améliorer la transparence dans la gestion des ressources».
Un appui technique pour accompagner les EPS
Dans le même contexte, le ministre a ordonné d’«accompagner les établissements de santé dans le processus de règlement des dettes, en leur fournissant l’appui technique nécessaire avant la fin de l’année en cours, que ce soit à travers l’affectation d’enveloppes budgétaires spécifiques ou la création de ressources supplémentaires dédiées à cet objectif».
À cette occasion, M. Saihi a appelé à «la conjugaison des efforts de tous les acteurs du secteur et à faire preuve d’un esprit de responsabilité partagé, à même d’assurer la stabilité et la pérennité du système national de santé».
Cette réunion intervient dans le cadre de «l’activation du cinquième axe du Plan d’action Malade, décidé par le ministre, et qui vise à bâtir un système de santé performant, financièrement équilibré et durable dans son approvisionnement, à même de garantir le droit du citoyen aux soins», conclut la même source.
Cette réunion s’inscrit dans le cadre du 5e axe du « Plan d’action du patient » lancé par le ministre : bâtir un système de santé performant, financièrement stable et durable, garantissant à chaque citoyen un accès continu aux soins.
Rania N.
