L’acidocétose diabétique (ACD) chez l’enfant représente un problème majeur de santé publique. Considérée comme la première cause de mortalité chez les enfants atteints de diabète de type 1, cette complication nécessite un diagnostic précoce pour une prise en charge optimale.
Intervenant lors d’un séminaire organisé à l’Institut National de Santé Publique (INSP), des spécialistes ont souligné l’urgence de diagnostiquer précocement l’acidocétose diabétique chez l’enfant.
Selon le registre d’Alger, en 2021, l’acidocétose, avec ou sans troubles neurologiques, a été retrouvée chez 23,4 % des nouveaux cas de diabète de type 1 au moment du diagnostic.
Considérée comme la première cause de mortalité chez les enfants diabétiques, l’ACD est «souvent liée à un état d’hyperglycémie négligée, un retard de diagnostic ou une erreur de diagnostic», a expliqué le professeur A. Gueddouar, spécialiste au CHU N. Hamoud.
L’ACD se développe plus rapidement chez les enfants les plus jeunes. Elle se manifeste par des symptômes tels que des douleurs abdominales, des envies fréquentes d’uriner, une soif intense, des vomissements, une haleine à l’odeur acétonique, ainsi que par des signes de polyurie, polydipsie et polyphagie.
Selon le professeur D. Bekkat, spécialiste à l’EPH Bologhine, l’ACD chez les jeunes enfants est souvent associée à « une fréquence des infections intercurrentes, une évolution rapide des symptômes et une moindre tolérance au déficit en insuline».
Cette situation nécessite une prise en charge urgente. Mais, le retard dans le diagnostic et l’orientation vers les soins appropriés peuvent entraîner la mortalité.
«L’ACD constitue une source majeure de morbidité, de mortalité et de dépenses pour la santé publique. À court terme, elle peut provoquer une hospitalisation en soins intensifs, un coma, voire le décès. À long terme, elle entraîne des déséquilibres métaboliques, des complications dégénératives, des épisodes récurrents d’ACD et des troubles cognitifs», a-t-elle ajouté Pr Bekkat.
«Un seul épisode d’acidocétose peut provoquer des troubles cognitifs durables », a-t-elle alerté.
L’acidocétose pourrait être évitée si elle est diagnostiquée de manière précoce, soulignent les spécialistes. Pr Bekkat, recommande un plan de prévention et de sensibilisation, impliquant notamment les médecins généralistes, les pédiatres, ainsi que les familles.
Yamina Bair
