Le Pr Mahdia Saidi, chef de service d’hématologie au CAC de Batna et présidente de la société Algérienne d’hématologie et de transfusion sanguine, revient dans cet entretien sur les activités de greffes de cellules souches hématopoïétiques (CSH) réalisées dans certains services d’hématologie à travers le pays. Elle met également l’accent sur l’importance de créer de nouveaux centres afin de répondre à la demande nationale. Des centres pour la greffe pédiatrique est aujourd’hui, selon elle, indispensable dans notre pays tout comme la création des laboratoires de cytogénétique.
Propos recueillis par Djamila Kourta
Le groupe algérien de travail sur la greffe des cellules souches hématopoïétiques a effectué une évaluation de l’activité lors de la troisième journée organisée le 6 mai dernier sous l’égide de la société algérienne d’hématologie et de transfusion sanguine. Quelles sont les conclusions de cette rencontre ?
Au cours de cette rencontre, il a été fait le bilan des activités de greffes de cellules souches hématopoïétiques (CSH) réalisées dans certains services d’hématologie. Vous savez qu’il existe deux types de greffes de CSH : les autogreffes où ce sont les CSH du patient qui est le donneur et le receveur, et les allogreffes pour lesquelles un donneur compatible dans le système HLA est indispensable.
Concernant la première procédure qui est aisée, plusieurs centres ont pu la réaliser ces quatre dernières années , ce qui explique le nombre croissant d’autogreffes chaque année et ceci est fort réjouissant. Par contre, il persiste une carence critique pour les allogreffes en raison des deux centres existants qui ne peuvent guère faire plus, d’où la nécessité d’ouvrir d’autres centres.
L’ouverture de nouveaux centres de greffes figurent parmi les principales revendications des hématologues. Pensez- vous que la création des centres à travers le territoire nationale est la meilleure solution pour répondre à la demande de soins ?
Tout à fait, ceci est évident sachant que la demande augmente avec la démographie et le nombre croissant de nouveaux cas de cancer enregistrés chaque année. Pour les autogreffes, c’est surtout à l’est et au sud du pays que le manque est évident. Et pour les allogreffes d’autres centres doivent être créés puisque seuls deux services pour 45 millions d’habitants existent dans notre pays : le premier au centre et le second à Oran. D’où l’importance d’ouvrir de nouveaux centres et les doter de moyens nécessaires pour une activité pérenne particulièrement en matière d’équipements.
Les pédiatres demandent également l’ouverture de centre de greffe pour enfants et à être formés pour qu’ils puissent assurer cette activité. Comment sera organisée cette activité ?
Depuis plusieurs années, les hématologues demandent aux pédiatres de créer cette activité dans leur service alors que seul le service du CPMC greffe les enfants de plus de 3 ans. Ce qui est insuffisant. On sait que les enfants thalassémiques ne sont pas greffés actuellement par manque de structures.
Il est vraiment indispensable que des services de greffe soient créés en pédiatrie avec tous les équipements nécessaires tout en obéissant aux normes recommandées en l’occurrence ; chambre individuelle, traitement de l’air ambiant. Le personnel médical et paramédical doit être formé pour cette activité et cela peut se faire en Algérie comme l’ont proposé les médecins du CPMC ou dans d’autres pays.
La création d’un laboratoire cytogénétique est votre objectif durant toute votre carrière. De quoi il s’agit et est ce que les démarches ont été lancées ?
Il s’agit d’une technique qui analyse les chromosomes et met en évidence des anomalies retrouvées dans ces maladies, cette technique n’est pas nouvelle (elle date de 1956).
Cette analyse est indispensable pour mieux caractériser les hémopathies malignes sur le plan diagnostic, pronostique et thérapeutique. Il existe un seul centre qui réalise cette technique actuellement (au CAC de Blida) qui ne peut évidemment pas le faire pour tous les patients du territoire national.
La SAHTS est sur un projet pour implanter cette technique dans les différentes régions du pays (est, ouest, sud et centre) mais ceci ne peut se réaliser sans l’aide des autorités sanitaires et autres partenaires.
D. K.
