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Vision 2030 : La santé, un enjeu stratégique au cœur des équilibres économiques et sociaux

La troisième édition du Forum Algérie Vision 2030 organisée par AGS s’est distinguée, cette année, en mettant l’accent  sur la santé, considérée, aujourd’hui, comme un facteur clé de l’économie. 

La santé n’est plus seulement une question médicale : elle est désormais au centre des enjeux économiques, sociaux et politiques à l’échelle mondiale. Face à la montée des maladies chroniques et aux mutations démographiques, sensibiliser les décideurs publics et privés apparaît aujourd’hui comme une priorité stratégique. C’est dans cette optique que le professeur en économie et organisateur de Algérie  vision 2030 a présenté ses arguments  lors de son kenyote.

Des indicateurs de santé publique de plus en plus préoccupants

Les projections internationales dressent un tableau alarmant a d’emblé lancé Nazim Sini . “D’ici 2030, près de 30 % de la population mondiale pourrait souffrir d’obésité, avec un risque de voir ce taux atteindre près de 50 % à plus long terme, soit environ cinq milliards de personnes concernées. L’Algérie s’inscrit pleinement dans cette tendance mondiale, faisant de l’obésité un véritable enjeu de santé publique“, a t-il noté.

Il  signale que ces pathologies ne touchent plus uniquement les personnes âgées. Elles concernent désormais les jeunes générations, hommes et femmes confondus. Parallèlement, l’incidence du cancer continue de progresser à l’échelle mondiale. Étroitement liée aux modes de vie, à l’alimentation, au stress et aux facteurs environnementaux, “cette évolution pourrait conduire à près de 18 millions de décès par cancer dans le monde, selon les projections“.

Le syndrome métabolique, reflet des mutations sociales

Il fait référence à juste titre au syndrome métabolique , le reflet des mutations sociales qui sont non sans conséquences sur la santé des populations, notamment le diabète qui constitue une des pathologies les plus lourdes et coûteuse au trésor public.

A celà, s’ajoute la progression du cancer, fortement liée aux modes de vie, à l’alimentation, au stress et aux perturbateurs environnementaux. Les projections font état de 18 millions de décès par cancer à l’échelle mondiale.

Pour les experts, ces pathologies constituent l’un des principaux défis sanitaires du XXIᵉ siècle, avec des conséquences directes sur la qualité de vie, la productivité et la soutenabilité des systèmes de santé.”, a t-il indiqué.

Croissance économique et santé : une relation étroite

Naézim Sini a rappelé que  littérature scientifique met en évidence une corrélation claire entre un développement économique rapide et l’augmentation des maladies chroniques, lorsque les politiques de prévention et de promotion de la santé ne suivent pas le même rythme. Cette réalité interpelle directement les pouvoirs publics, mais aussi les acteurs économiques privés, appelés à être attentifs aux signaux précoces de dégradation de la santé des populations et des salariés.

Il estime que le fait d’investir dans la prévention et la santé au travail apparaît ainsi comme un levier essentiel pour préserver le capital humain et soutenir une croissance durable.

Démographie : un ralentissement mondial aux conséquences durables

À ces défis sanitaires aux fortes prévalence de comorbidités s’ajoute une évolution démographique majeure a souligné l’orateur. “D’ici 2040, plus de la moitié des pays du monde devraient afficher un taux de fécondité inférieur ou égal à deux enfants par femme, seuil nécessaire au renouvellement des générations“, soutient t-il et( de signaler que cette situation est déjà une réalité dans plusieurs régions, notamment en Europe, au Japon et en Corée du Sud.

Ce ralentissement démographique pose des questions cruciales en matière de financement des systèmes de santé, de protection sociale et d’équilibre des marchés du travail.

Un enjeu global qui appelle des réponses coordonnées

Face à ces mutations sanitaires, économiques et démographiques, la santé s’impose comme un pilier central des politiques publiques et des stratégies d’entreprise. Anticiper, prévenir et investir dans la santé apparaît désormais indispensable pour garantir la résilience des sociétés et la durabilité des économies.

Djamila Kourta

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