La Caisse nationale des assurances sociales des travailleurs salariés (CNAS) et l’Établissement hospitalier spécialisé Pierre et Marie Curie (CPMC) ont signé, mardi à Alger, une convention de partenariat marquant le lancement officiel du r programme national de greffe du foie à partir de donneurs vivants.
La cérémonie de signature s’est déroulée en présence du ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, M. Abdelhak Saïhi, du ministre de la santé Pr Mohamed Seddik Ait Messaoudène ainsi que de plusieurs responsables du secteur de la santé et de la sécurité sociale.
Cette initiative s’inscrit pleinement dans la stratégie nationale de modernisation du système de santé, visant à renforcer l’offre de soins spécialisés en Algérie et à garantir un accès équitable à des services médicaux de pointe.
Le CPMC, centre de référence pour la greffe du foie
Aux termes de la convention, le CPMC devient centre hospitalo-universitaire de référence pour la transplantation hépatique. L’établissement sera chargé d’accueillir les patients, de réaliser les greffes et d’assurer le suivi post-opératoire, conformément aux standards médicaux internationaux.
Les premières interventions seront réalisées en collaboration avec des experts étrangers disposant d’une expérience reconnue dans la greffe hépatique. Ce partenariat permettra un transfert de compétences au profit des équipes médicales algériennes, dans une logique de pérennisation et d’autonomisation du programme.
Cinq opérations prévues par an à titre de démarrage
S’exprimant à cette occasion, le ministre Abdelhak Saïhi a souligné que l’hôpital Pierre et Marie Curie constituera la “pierre angulaire” de la transplantation hépatique en Algérie, annonçant que cinq opérations de greffe du foie seront programmées chaque année dans un premier temps.
«La première intervention a été réalisée avec succès la semaine dernière», a indiqué le ministre, saluant le professionnalisme et la compétence des équipes médicales nationales mobilisées pour cette opération.
Selon M. Saïhi, ce programme marque un tournant décisif dans la souveraineté sanitaire nationale, en réduisant considérablement le recours aux soins à l’étranger.
«Sur une centaine de cas qui étaient auparavant évacués à l’étranger, nous n’en comptons aujourd’hui plus que cinq», a-t-il précisé, ajoutant que les compétences algériennes sont désormais pleinement capables de prendre en charge ces pathologies complexes.
Réduire le recours aux soins à l’étranger
Grâce à ce nouveau dispositif, l’Algérie franchit une étape déterminante dans la prise en charge des maladies hépatiques graves. Le programme vise à offrir aux patients des solutions thérapeutiques de haut niveau sans qu’ils aient à se déplacer à l’étranger, réduisant ainsi les transferts sanitaires coûteux et éprouvants pour les familles.
Cette dynamique s’inscrit dans une politique nationale plus large de développement de la médecine de transplantation, amorcée avec la greffe rénale et désormais élargie à la greffe du foie.
Vers une médecine de transplantation nationale
Le lancement de ce programme de greffe du foie à partir de donneurs vivants constitue une étape clé dans la construction d’une médecine de transplantation nationale. Il traduit la volonté des pouvoirs publics de positionner l’Algérie parmi les pays leaders en Afrique dans le domaine des greffes d’organes, en misant sur la formation, la recherche et l’excellence médicale.
«Nous utiliserons nos propres compétences pour consolider notre souveraineté sanitaire», a conclu le ministre Saïhi, réaffirmant l’engagement de l’État à soutenir durablement cette filière d’avenir.
