Aller au contenu

Tabagisme chez les jeunes : Pr Kamel Sanhadji appelle à une action collective

Le président de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSS), Pr Kamel Sanhadji, a tiré la sonnette d’alarme sur l’ampleur croissante du tabagisme chez les jeunes Algériens. À l’occasion d’une journée scientifique organisée ce mardi au centre culturel de Djamaâ El Djazaïr, il a plaidé pour une mobilisation multisectorielle.

Organisée en collaboration avec les ministères de la Santé et de la Jeunesse, la rencontre scientifique s’est tenue sous le thème : «Le tabagisme chez les jeunes», dans un contexte marqué par une hausse préoccupante du tabac sous toutes ses formes, y compris électronique, au sein de la jeunesse algérienne.

Une menace croissante pour la jeunesse

«Le tabagisme n’est plus une simple mauvaise habitude, c’est devenu un véritable fléau social et sanitaire, en particulier chez les adolescents», a déclaré le Pr Sanhadji devant un parterre de responsables institutionnels, experts, membres de la société civile et représentants d’organisations internationales.

Appuyant ses propos sur les dernières statistiques de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le président de l’ANSS a rappelé que plus de 8,7 millions de décès sont enregistrés chaque année dans le monde à cause du tabac, dont 1,3 million liés au tabagisme passif.

Plus alarmant encore : 90 % des fumeurs commencent avant l’âge de 20 ans, faisant des jeunes une cible privilégiée des multinationales du tabac.

Le tabac électronique, un faux refuge

Dans son intervention, le Pr Sanhadji a également mis en garde contre la banalisation du tabagisme électronique, souvent présenté comme une alternative moins nocive.

«Les preuves scientifiques confirment ses effets néfastes sur le système respiratoire et le développement du cerveau chez les jeunes», a-t-il averti, dénonçant les méthodes de marketing trompeuses qui envahissent les réseaux sociaux, les écoles et parfois même l’espace familial.

Un appel à l’action collective

Face à cette situation, le président de l’ANSS a présenté une série de recommandations structurantes, appelant à l’élaboration d’une stratégie nationale multisectorielle, impliquant les écoles, les universités, les médias et les associations, en coordination avec les autorités sanitaires.

Parmi les mesures proposées figurent le renforcement des campagnes de sensibilisation en adoptant un langage adapté aux jeunes et en les diffusant sur leurs canaux privilégiés, tels que les réseaux sociaux et les plateformes numériques ; l’intégration de l’éducation sanitaire dans les programmes scolaires dès les premières années ; le soutien à la recherche nationale portant sur les facteurs psychologiques et sociaux liés à l’addiction ; ainsi que l’encouragement d’alternatives saines, telles que le sport, la culture, le volontariat et les activités de loisirs, afin d’offrir aux jeunes un environnement propice à leur épanouissement et à leur protection.

« Transformer les recommandations en actions concrètes »

Conscient de la difficulté de la tâche, le Pr Sanhadji a insisté sur la nécessité de coordonner les efforts entre institutions, en s’appuyant sur la volonté collective et l’expertise nationale.

« Le succès de cette journée scientifique résidera dans notre capacité à transformer ses recommandations en plans d’action concrets sur le terrain », a-t-il affirmé.

En conclusion, il a salué la présence des différents acteurs mobilisés pour cette cause, exprimant sa confiance dans la capacité du pays à protéger sa jeunesse de ce fléau silencieux. « Ensemble, nous pouvons faire la différence », a-t-il lancé.

Rania N.

error: Content is protected !!