La lutte contre la consommation des drogues est aujourd’hui un enjeu de santé publique majeur au vu de l’ampleur du phénomène qui s’est implanté à travers le monde et en Algérie. Un sérieux problème de santé publique qui touche les adultes jeunes relève le Pr Abdelkrim Messaoudi, chef de service psychiatrie à l’EHS Chéraga.
Pr Messaoudi met en évidence l’impact de ces substances sur l’individu , sa santé, le milieu familial et la société. Les risque de cette consommation sur la santé est spécifique à savoir les risques de surdose, risques d’infection, de transmission de virus (VIH, hépatite C), et autres maladies.
Il fait état d’une forte demande de consultation en addictologie mais il déplore le fait que «la majorité des consommateurs arrivent en consultations à des stades où la prise en charge est très difficile avec un de santé altéré et des complications majeures». Il fait avoir qu’au niveau de l’unité d’addictologie relevant de son service à l’EHS de Chéraga, une structure située en dehors de l’hôpital, “150 patients sont pris en charge et traité à la méthadone. L’unité d’addictologie a assuré en 2023 plus de 10.000 consultations assurées par deux médecins »., a t-il signalé.
La prise en charge des toxicomanes , a- t-il expliqué, est particulière et spécifique au vu de la complexité du phénomène. « Cela nécessite du personnel qualifié, multidisciplinaire et des moyens de prise en charge ainsi qu’un accompagnement sur le terrain ». D’où la nécessité, a- t-il souligné, d’entamer un traitement le plus tôt possible pour justement éviter ces complications voire des décès.
Il a ainsi insisté sur l’importance de la prévention basée sur la sensibilisation des jeunes et des parents sur les risques encourus bien avant une première consommation. « Comme il est aussi important de consulter dès qu’il y a une consommation de l’un des produits qu’il soient psychotropes ou autres pour ne pas tomber dans le piège de l’addiction et ne pas arriver aux complications ».
Des campagnes de sensibilisation aux danger de la toxicomanie doivent être multiplier pour informer et surtout encourager les consommateurs à aller consulter et à se faire suivre, a t-il encore indiqué en rappelant que l’ouverture des centres d’addictologie par le ministère de la santé a permis à de nombreux jeunes consommateurs de s’en sortir et reprendre une vie normale.
L’existence de ces centres intermédiaires d’addictologie à travers le territoire national a encourager la consumation et le suivi. « Il y a beaucoup de jeunes ayant bénéficié du traitement, de la méthadone et accompagné ont été réinsérés socialement. C’est ce qui nous encourage à continuer à aider d’autres personnes et leur offrir une nouvelle chance», a- t-il dit en rendant hommage à toutes les équipes des centres d’addictologie au niveau national.
Pour lui, il est toujours possible pour les consommateurs de drogues de s’en sortir et reprendre leur vie en main puisque ils peuvent bénéficier d’une prise en charge adéquate.
Djamila Kourta
