L’apport de l’intelligence artificielle dans le diagnostic du cancer du sein est aujourd’hui une réalité. Elle permet d’accélérer le diagnostic de la maladie, en un temps très court et détecter les lésions et des images subtiles , a indiqué le Pr Sid Ahmed Feraoun, radiologue libéral lors de la session Média Training organisé, lundi par le laboratoire Roche au profit des journalistes à l’occasion du mois d’octobre rose.
Il a expliqué que l’utilisation de l’IA dans le diagnostic du cancer du sein a de nombreux avantages avec une valeur prédictive négative élevée.
Elle réduit considérablement le temps d’interprétation des images pour le radiologue notamment lorsqu’il s’agit d’un dépistage de masse et du nombre d’échographies.
« Elle remplace le deuxième lecteur dans le dépistage, rassure le radiologue, réduit les cancers d’intervalle et elle très utile pour le radiologue expérimenté », a souligné Pr Feraoun tout en précisant que l’IA n’est pas encore validée pour l’interprétation qui reste encore du ressort du radiologue.
Le spécialiste en radiologie n’a pas manqué de signaler que l’IA fait défaut pour le diagnostic d’un cancer lorsque les seins sont denses. “Dans ce cas de figure, l’échographie est nécessaire ».
C’est pourquoi, a t-il encore insisté, sur l’utilisation de cette nouvelle technologie par des radiologues les plus expérimentés, au risque d’alourdir le diagnostic pour le radiologue au vu du nombre important de faux positifs d’autant que “la majorité (96%) des mammographies sont normales », a t-il ajouté.
Le Pr Feraoun a tenu à préciser que dans le cadre du dépistage du cancer du sein, l’examen clinique, suivi d’une mammographie, est incontournable. « Ces deux examens vont de pair ».
Il recommande, ainsi, l’introduction de l’IA dans le système de santé notamment, en imagerie médicale, pour améliorer le diagnostic de cette maladie.
Pour lui, il faut d’opter pour des modèles de haute technologie certifiés et validés par les groupes d’experts et les institutions internationales, «Il est important de choisir des solutions les plus expérimentées, sur le plus important nombre de patients, dans les grands centres d’expertise et ne pas multiplier les modèles», a t-il ajouté en soulignant l’impératif de préparer une réglementation médico-légale pour une meilleure sécurité du patient.
Djamila Kourta
