Le Congrès de l’association des rhumatologues privés algérien l’ARAP s’est imposé comme un important espace de formation médicale continue destiné aux spécialistes mais aussi aux médecins généralistes a indiqué Dr Djamal Abdennour Bahlouli, président de l’ARAP à la clôture des travaux de la 23ème édition le samedi 28 mars.
Des spécialistes se sont penchés, durant deux jours, sur plusieurs thématiques majeures de la rhumatologie, notamment les rhumatismes inflammatoires, les rhumatismes dégénératifs comme l’arthrose, l’ostéoporose ainsi que les rhumatismes métaboliques, à l’image de la goutte.
Dr Bahloui a rappelé l’importance d’un diagnostic précoce de toutes ces pathologies. En l’absence de prise en charge rapide, «certaines maladies rhumatismales peuvent évoluer vers des formes sévèrement invalidantes», a averti Dr Bahlouli. D’où l’insistance des professionnels sur la prévention et sur l’identification rapide des premiers symptômes.
Il a rappelé que la rhumatologie est une discipline transversale, à l’interface de plusieurs spécialités médicales. Dans ce cadre, des experts de différentes disciplines ont été invités à intervenir, notamment sur des questions liées à la douleur et à la prise en charge globale des patients.
Des spécialistes algériens, mais aussi des médecins de la diaspora exerçant en France et des collègues français, ont partagé leurs expériences et leurs approches thérapeutiques. L’objectif principal de ces discussions était d’adapter la prise en charge des maladies rhumatismales aux réalités du système de santé en Algérie, tout en mettant l’accent sur la prévention.

Motif fréquent de consultation, l’arthrose constitue, aujourd’hui, un véritable problème de santé publique signale le président de l’ARAP en rappelant qu’il s’agit d’un rhumatisme dégénératif particulièrement fréquent et dont la prévalence semble augmenter.
Il explique cette tendance par l’évolution des modes de vie, marquée notamment par la diminution de l’activité physique et l’augmentation du surpoids et de l’obésité.
«L’arthrose touche davantage les personnes en surcharge pondérale, celles qui ont une activité physique réduite ou qui restent longtemps en position debout», a signalé Dr Bahlouli soulignant que cette maladie affecte surtout les articulations portantes, notamment les genoux, et peut devenir fortement invalidante.
Face à cette situation, le rhumatologue a insisté sur la nécessité d’agir sur les facteurs de risque modifiables. Ils recommandent notamment la pratique régulière d’une activité physique, en particulier la marche, considérée comme l’exercice le plus simple et le plus accessible. La lutte contre le surpoids et l’obésité demeure également un levier essentiel pour préserver la santé des articulations.
Le spécialiste a également évoqué l’ostéoporose, une maladie silencieuse mais de plus en plus fréquente, surtout chez les femmes après la ménopause. Cette pathologie fragilise les os et expose à un risque élevé de fractures, notamment au niveau de la hanche ou du bassin, dont les conséquences peuvent être graves pour les patients.
«Pour prévenir ces complications, Il recommande aux femmes ménopausées de consulter régulièrement un rhumatologue. Un examen simple, la densitométrie minérale osseuse (DMO), permet en effet d’évaluer la densité osseuse et d’anticiper les risques de fracture», a ajouté le spécialiste.

Enfin, plusieurs interventions ont porté sur l’éducation thérapeutique des patients, un élément clé dans la gestion des maladies rhumatismales. Qu’il s’agisse de la compréhension de la maladie, de la gestion de la douleur ou de l’adoption de nouvelles habitudes de vie, l’implication du patient dans son parcours de soins est désormais considérée comme essentielle.
À travers ces différentes contributions, les spécialistes ont souligné l’importance d’une approche globale associant prévention, dépistage précoce et accompagnement des patients afin d’améliorer la prise en charge des rhumatismes en Algérie.
Djamila Kourta
