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La pollution plastique, un risque sanitaire sous-estimé en Algérie

La pollution plastique, un risque sanitaire sous-estimé en Algérie

La pollution plastique ne se limite plus à un enjeu environnemental. Elle constitue désormais une préoccupation majeure de santé publique. En Algérie, l’Organisation algérienne pour la défense du consommateur Himaytec tire la sonnette d’alarme face à des pratiques domestiques courantes susceptibles d’exposer les citoyens à des substances chimiques nocives, parfois à leur insu.

Cette alerte s’inscrit dans le sillage de récentes études scientifiques internationales ayant mis en évidence la présence de microplastiques dans le sang, les poumons et certains tissus vitaux de l’organisme humain, confirmant ainsi une exposition diffuse et continue.

Des habitudes domestiques à risque

Selon Himaytec, l’une des principales sources de cette contamination silencieuse réside dans le stockage prolongé d’aliments salés ou acides dans des contenants en plastique. Une pratique largement répandue dans les foyers algériens, notamment pour la conservation des olives, légumes marinés, piments, ou encore des préparations à base de vinaigre ou de jus de citron.

L’association explique que l’acidité et le sel, combinés à la chaleur et à la lumière, favorisent la migration de substances chimiques depuis le plastique vers les aliments. Bien que ces substances soient souvent présentes en faibles quantités, leur accumulation progressive peut engendrer des effets néfastes à moyen et long terme sur la santé.

Sécurité alimentaire : au-delà du contenu, le contenant

Pour Himaytec, la sécurité alimentaire ne saurait se limiter à la qualité intrinsèque des produits consommés. Elle englobe également les matériaux utilisés pour leur emballage et leur conservation. Plusieurs organismes sanitaires internationaux partagent cette préoccupation.

L’Organisation mondiale de la santé alerte régulièrement sur les risques liés à la contamination chimique des aliments due à des conditions de stockage inadaptées. De son côté, l’Autorité européenne de sécurité des aliments souligne que la migration des substances issues du plastique augmente en présence d’aliments acides, gras ou lors d’un stockage prolongé.

La Food and Drug Administration recommande, quant à elle, de ne pas réutiliser les contenants plastiques et d’éviter l’usage de bouteilles non conçues pour le contact alimentaire.

Une exposition multiple et diffuse

Les avertissements des autorités sanitaires rejoignent les conclusions de nombreuses recherches scientifiques, selon lesquelles l’alimentation, l’eau potable et même l’air ambiant constituent des sources potentielles d’exposition aux microplastiques. Si les effets précis sur la santé humaine font encore l’objet d’investigations, un consensus émerge autour d’un impératif : réduire l’exposition autant que possible.

Des gestes simples pour se protéger

Dans une démarche de prévention, Himaytec appelle les consommateurs à éviter le stockage prolongé d’aliments salés ou acides dans des contenants en plastique, à privilégier les récipients en verre, en céramique ou certifiés pour le contact alimentaire et à ne pas réutiliser les bouteilles d’eau ou de boissons gazeuses à des fins alimentaires.

«L’objectif n’est pas d’alarmer, mais de sensibiliser», insiste l’organisation, rappelant que la protection de la santé commence par des gestes simples au sein du foyer. Face aux risques silencieux de la pollution plastique, la prévention demeure, selon Himaytec, le rempart le plus efficace.

Rania N.

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