Le lancement, d’un nouveau biosimilaire du bevacizumab par le laboratoire El Kendi, a été l’occasion pour plusieurs spécialistes d’appeler à renforcer l’accès aux traitements en cancérologie tout en consolidant le cadre réglementaire.
Présente à l’événement, le Pr Asma Kerbouaa, chef du service d’oncologie médicale au Centre Pierre et Marie Curie (CPMC), a souligné l’importance stratégique des médicaments biosimilaires dans le traitement du cancer en Algérie. « Ce nouveau produit, enregistré en mai 2024, s’inscrit dans la dynamique amorcée depuis quelques années pour élargir l’offre thérapeutique disponible sur le marché algérien», a-t-elle déclaré en marge de la cérémonie organisée à l’hôtel Sofitel.
Revenant sur l’évolution du secteur, le Pr Kerbouaa rappelé que « les premiers biosimilaires ont été approuvés par la FDA en 2017, et qu’en Algérie, le tout premier a été enregistré en 2021, suivi d’un deuxième en 2023, avec une accélération des autorisations ces dernières années ».
Elle a également mis en lumière le rôle clé du partenariat noué en 2023 entre le laboratoire public Saidal et le russe Biocad, qui a permis un transfert de technologie au niveau local. « C’est un pas décisif vers l’autonomie pharmaceutique dans le domaine de l’oncologie », a-t-elle estimé.
Selon la spécialiste, les biosimilaires offrent plusieurs avantages majeurs. « Ils permettent un meilleur accès aux soins pour les patients, génèrent des économies pour le système de santé, et garantissent une efficacité équivalente aux produits de référence, sans risque particulier », a-t-elle assuré.
Elle a en outre fait valoir que le développement local de ces médicaments favorisait la concurrence et contribuait à faire baisser les prix tout en augmentant les volumes disponibles, ce qui reste aujourd’hui un défi majeur.
Cependant, le Pr Kerbouaa a attiré l’attention sur la nécessité d’un encadrement plus strict. « Il est temps de mettre en place une réglementation rigoureuse, qui protège non seulement le médecin prescripteur et le pharmacien, mais aussi le patient », a-t-elle plaidé.
Rania R.
