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Déficiences visuelles : un défi sanitaire et économique mondial

Déficiences visuelles : un défi sanitaire et économique mondial

L’expert Nazim Sini alerte : « Nos yeux sont en danger, il est temps d’agir.» Nos modes de vie modernes, écrans omniprésents, manque de lumière naturelle, absence de dépistage, menacent sérieusement notre vue.

À l’occasion de la Journée mondiale de la vue, l’expert en économie Nazim Sini tire la sonnette d’alarme : «Nous risquons de voir la moitié de la population mondiale devenir myope d’ici 2050. C’est une urgence mondiale», prévient-il.

Une explosion des cas de myopie dans le monde

Selon une étude publiée dans The Lancet, près de 5 milliards de personnes souffriront de myopie d’ici 2050, contre moins de 2 milliards aujourd’hui. Ce phénomène est lié à nos habitudes modernes : 4h30 par jour passées devant un écran, des logements peu exposés à la lumière naturelle, et un dépistage trop tardif.

Les chiffres sont alarmants : 2,2 milliards d’individus vivent déjà avec un trouble visuel, dont 1 milliard aurait pu être épargné s’ils avaient été diagnostiqués à temps.

Un poids économique comparable au PIB de l’Algérie

Au-delà de la santé, c’est aussi une question d’économie mondiale. Le coût annuel des déficiences visuelles est estimé à 411 milliards de dollars, soit l’équivalent du PIB que l’Algérie devrait atteindre en 2030, selon le FMI. «Les troubles visuels réduisent de 30 % les chances d’emploi et de 27 % les revenus», explique Sini.

Pourtant, chaque dollar investi dans la prévention ou la chirurgie de la cataracte rapporte jusqu’à 20 dollars à l’économie. Un argument fort pour convaincre les décideurs d’investir davantage dans la santé oculaire.

Des répercussions dès l’école

Les conséquences touchent aussi les plus jeunes. «Les premiers signes d’une déficience visuelle se traduisent souvent par une baisse de concentration et de résultats scolaires. Les parents doivent être sensibilisés et impliqués dans le dépistage», insiste Sini.

Une bonne vision, c’est aussi un meilleur apprentissage et une plus grande égalité des chances à l’école.

L’Algérie face à un double enjeu : la prévention et l’industrie

Pour l’expert, l’Algérie doit penser la santé oculaire comme un enjeu de souveraineté économique. «Le marché mondial de l’optique représente 200 milliards de dollars par an. Notre pays a tout intérêt à développer une filière locale de production et de soins», plaide-t-il.

Il appelle à la mise en place d’une stratégie nationale de dépistage, à la fois dans le secteur public et privé, ainsi qu’à la création de circuits de prise en charge spécialisés pour les patients à risque.

Quand le diabète aggrave la situation

Le lien entre diabète et troubles de la vision est de plus en plus préoccupant. L’OMS prévoit 1,5 milliard de personnes diabétiques d’ici 2050, pour un coût mondial dépassant les 1 000 milliards de dollars.

Les complications comme l’œdème maculaire diabétique sont parmi les plus redoutables. Nazim Sini conclut : «Prévenir, dépister et investir : voilà les trois piliers d’une politique de santé oculaire moderne. Si nous agissons aujourd’hui, nous éviterons à nos futures générations de vivre dans un monde aveugle».

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