Bonne nouvelle pour les futures mamans salariées : le gouvernement propose de faire passer le congé maternité de 3 à 5 mois, avec le maintien de l’indemnisation pendant toute la durée. Un projet de loi ambitieux, présenté par le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Fayçal Ben Taleb, à l’Assemblée nationale, qui pourrait transformer le quotidien des femmes actives en Algérie.
Conformément aux instructions du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, le texte propose d’amender la loi n° 83-11 relative aux assurances sociales, en allongeant significativement la durée du congé de maternité. La principale mesure de ce projet : une extension de ce congé à cinq mois (150 jours), contre 98 jours actuellement.
Pendant cette période, les mères concernées bénéficieront d’une indemnité journalière couvrant l’intégralité de la durée, une avancée majeure saluée comme une victoire pour les droits des femmes.
Un soutien accru pour les naissances à besoins spécifiques
Le projet de loi ne s’arrête pas là. Il prévoit également un soutien renforcé pour les mères dont les nouveau-nés présentent un handicap, une malformation congénitale ou une maladie grave nécessitant un suivi médical régulier. Ces mères pourront bénéficier, sur présentation d’un dossier médical, d’une première prolongation de 50 jours après la période légale.
Une seconde extension, pouvant aller jusqu’à 165 jours supplémentaires, pourra également être accordée en fonction de l’état de santé de l’enfant.
Un projet en phase avec les standards internationaux
Cette réforme place l’Algérie au-dessus des standards fixés par l’Organisation internationale du travail (OIT), tant sur la durée du congé que sur le niveau d’indemnisation. « Il s’agit d’un progrès qualitatif en matière de protection sociale », a souligné Fayçal Ben Taleb.
Selon lui, le projet contribuera à renforcer l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie familiale des femmes, tout en leur assurant un accompagnement psychologique et matériel.
Autre point important : les périodes de congé prolongé seront prises en compte dans le calcul de la retraite, évitant ainsi aux travailleuses concernées d’avoir recours à des congés maladie non planifiés.
Une vision sociale affirmée
Ce projet traduit, selon le ministre, « la volonté politique d’inscrire la femme algérienne dans une dynamique d’émancipation et de justice sociale ». Il incarne aussi une facette du modèle social algérien, profondément ancré dans l’histoire du pays, et s’inscrit dans une vision plus large de développement humain et de cohésion familiale.
L’initiative, si elle est adoptée par le Parlement, constituera une avancée notable pour les droits des mères travailleuses en Algérie, confirmant l’engagement de l’État à promouvoir une société plus équitable et solidaire.
R. N.
