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Pr Ali Lounici, Directeur du laboratoire de recherche sur le diabète ,  : « Les nouvelles recommandations ADA 2026 confirment l’émergence d’une véritable médecine personnalisée dans la prise en charge du diabète “

 

Les objectifs thérapeutiques du diabète ne doivent plus être les mêmes pour tous les patients. C’est le principal message mis en avant par le professeur Ali Lounissi, directeur du laboratoire de recherche sur le diabète à la faculté de médecine de Tlemcene, à l’occasion d’une présentation consacrée aux nouvelles recommandations 2026 de l’Association américaine du diabète.

Selon l’expert, les standards de soins les plus récents privilégient désormais une approche individualisée, adaptée à l’état de santé, à l’âge et aux facteurs de risque propres à chaque patient. Une évolution qui marque un tournant dans la prise en charge de cette maladie chronique qui touche des millions de personnes à travers le monde.

Des objectifs adaptés au profil du patient

Pour la majorité des adultes vivant avec un diabète, les recommandations préconisent le maintien d’un taux d’hémoglobine glyquée (HbA1c) inférieur à 7 %, considéré comme un bon indicateur de l’équilibre glycémique à long terme.

Toutefois, des objectifs plus stricts peuvent être fixés chez certains patients. Ainsi, un taux inférieur à 6,5 % est envisageable pour les personnes récemment diagnostiquées, en bonne santé générale et présentant un faible risque d’hypoglycémie.

À l’inverse, les recommandations invitent à davantage de souplesse chez les patients fragiles ou souffrant de pathologies associées importantes, afin d’éviter les complications liées à un contrôle glycémique excessivement rigoureux.

Une attention particulière aux personnes âgées

Les nouvelles orientations accordent une place centrale aux personnes âgées, dont les objectifs thérapeutiques doivent être modulés en fonction de leur état de santé.

Chez les seniors en bonne santé, un taux d’HbA1c inférieur à 7 % demeure recommandé. Ce seuil peut être porté à moins de 7,5 % pour les personnes atteintes de plusieurs maladies chroniques ou présentant des limitations fonctionnelles modérées.

Pour les patients les plus fragiles, l’objectif principal n’est plus nécessairement l’atteinte d’une valeur précise d’HbA1c, mais plutôt la prévention des épisodes d’hypoglycémie et d’hyperglycémie ainsi que l’amélioration de la qualité de vie.

Le rôle croissant de la surveillance continue du glucose

Le professeur Ali Lounissi a également mis en avant l’importance croissante des systèmes de surveillance continue du glucose (CGM), devenus des outils essentiels dans le suivi des patients diabétiques.

Les recommandations suggèrent que les patients passent plus de 70 % du temps dans la plage glycémique cible, comprise entre 0,70 g/l et 1,80 g/l. Pour les personnes les plus vulnérables, un temps supérieur à 50 % dans cette plage est jugé acceptable.

Les experts insistent également sur la nécessité de réduire au maximum les périodes d’hypoglycémie et d’hyperglycémie afin de limiter le risque de complications à court et à long terme.

Une médecine de précision au service des patients

Pour le professeur Ali Lounissi, ces nouvelles recommandations confirment l’émergence d’une véritable médecine personnalisée dans la prise en charge du diabète. Les stratégies thérapeutiques doivent désormais tenir compte de l’ancienneté de la maladie, du risque d’hypoglycémie, de la présence éventuelle de maladies cardiovasculaires ou d’autres affections chroniques, ainsi que des attentes du patient.

L’objectif est d’assurer le meilleur équilibre possible entre le contrôle de la glycémie, la prévention des complications et la préservation de la qualité de vie. Une approche qui place le patient au cœur de la décision thérapeutique et qui pourrait contribuer à améliorer durablement les résultats de la prise en charge du diabète.

Rania.N

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