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Instituts de beauté illégaux : la face cachée d’un business dangereux

Instituts de beauté illégaux : la face cachée d’un business dangereux

Soins esthétiques, injections, faux cils… derrière les miroirs et les paillettes de nombreux instituts de beauté algériens, se cachent des pratiques illégales à haut risque, mettant en en danger la santé publique. Le ministère du Commerce vient de tirer la sonnette d’alarme après avoir lancé une vaste campagne nationale de contrôle visant ces établissements souvent transformés en cliniques clandestines.

Plus de 1 500 infractions enregistrées

Depuis le lancement de cette opération, plus de 1 500 infractions ont été relevées, liées à la pratique illégale d’activités médicales et paramédicales par des personnes non qualifiées.

Dans une déclaration à la Radio nationale, Ahmed Megrani, directeur général de la régulation et de l’organisation des activités au ministère, a fait état de 9 191 opérations de contrôle ayant abouti à 1 595 infractions constatées, 1 514 procès-verbaux dressés et 110 établissements définitivement fermés

Quand une pose de faux cils vire au drame

Le cas d’une jeune femme à Oran reste emblématique : une simple pose de faux cils a viré au cauchemar. La victime a perdu un œil après qu’une esthéticienne non qualifiée ait utilisé de la colle industrielle à la place d’un produit spécialisé.

Un drame loin d’être isolé, selon les inspecteurs du ministère, qui font état de nombreux cas d’injections, de détatouages au laser ou de soins à l’acide pratiqués dans des conditions dangereuses, sans hygiène ni encadrement.

Lire aussi : Hassane Menouar, président de l’association Aman : «Sans cadre clair, le phénomène deviendra aussi incontrôlable que l’informel alimentaire »

2,4 tonnes de produits saisis dans des instituts illégaux

Les brigades de contrôle ont découvert et saisi plus de 2,4 tonnes de produits médicaux, paramédicaux, cosmétiques et alimentaires, dont une grande partie était périmée, non conforme ou importée illégalement. La valeur de cette marchandise est estimée à 8,5 millions de dinars.

Parmi les produits confisqués, figure des crèmes blanchissantes et injectables non homologués, du matériel médical chinois sans certification, des médicaments dissimulés et des parfums contrefaits et seringues usagées.

Des vidéos diffusées par le ministère sur les réseaux sociaux montrent l’ampleur du phénomène et la dangerosité des produits utilisés.

Un phénomène amplifié par les réseaux sociaux

Autre source de préoccupation : la prolifération de publicités illégales sur les réseaux sociaux, faisant la promotion de soins paramédicaux proposés par des non professionnels.

Face à cela, le ministère prévoit la mise en place de deux nouvelles structures dans le cadre de sa réforme organisationnelle, à savoir une unité dédiée au contrôle du commerce électronique et une autre chargée de développer les mécanismes de surveillance numérique.

L’ordre des médecins dentistes réclame une régulation stricte

Le Conseil national de l’Ordre des médecins dentistes (CNODM) appelle à interdire formellement la pratique d’actes médicaux en dehors des cadres légaux, et à instaurer une réglementation rigoureuse encadrant les prestations esthétiques.

Objectif : protéger les citoyens, restaurer la confiance et mettre un terme à l’anarchie actuelle.

Beauté à tout prix ?

Dans un marché où la quête de perfection physique devient une obsession, la frontière entre esthétique et médecine est de plus en plus floue.

Mais à quel prix ?

Les autorités promettent de maintenir la pression sur ces établissements hors-la-loi, pour que le désir de paraître ne se transforme plus en tragédie.

Rania N.

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