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Cancers de l’enfant et de l’adolescent en Algérie : 1 025 nouveaux cas recensés en 2024

Le Registre national des cancers de l’enfant et de l’adolescent (RNCEA) région centre (13 wilayas)  a enregistré 1 025 nouveaux cas de cancer chez les jeunes âgés de 0 à 19 ans en 2024, contre 902 cas en 2023, soit une augmentation de 13,6 %.

Des chiffres qui soulignent l’importance du renforcement du dépistage, de la prise en charge et de la surveillance épidémiologique à l’échelle nationale.

Présentés à l’occasion de la rencontre du réseau national  des registres du cancer le 29 octobre à Alger , les résultats 2024 du Registre national des cancers de l’enfant et de l’adolescent (RNCEA), présentés par le Dr S. Bekkouche de l’INSP, dressent un état des lieux de la situation des cancers pédiatriques en Algérie.

Selon les données communiquées, 1 025 nouveaux cas ont été recensés durant l’année 2024 chez les enfants et adolescents âgés de 0 à 19 ans.

Bien que les cancers pédiatriques représentent une proportion relativement faible de l’ensemble des cancers, estimée entre 1 et 4 %, ils constituent un enjeu majeur de santé publique.  Ils  nreprésentent; selon Dr Bekkouche, la deuxième cause de décès chez l’enfant après les accidents domestiques.

provenance des cas

Les garçons davantage touchés

Sur les 1 025 nouveaux cas enregistrés en 2024, 561 concernent des garçons, soit 54,7 % des cas, contre 464 chez les filles, représentant 45,3 %. Le sex-ratio est ainsi de 1,2, traduisant une prédominance masculine.

L’incidence brute atteint 61,07 cas pour un million chez les garçons, contre 53,43 chez les filles. Cette différence se retrouve également dans les deux grandes catégories d’âge étudiées par le registre : les enfants de moins de 15 ans et les adolescents âgés de 15 à 19 ans.

Les moins de 15 ans concentrent la majorité des cas

Les données du registre montrent que les enfants de moins de 15 ans représentent la grande majorité des nouveaux cas, avec 838 diagnostics recensés en 2024, soit plus de 81 % de l’ensemble des cas enregistrés.

Dans cette catégorie, 457 cas concernent des garçons (54,5 %) et 381 des filles (45,5 %).

La répartition par âge révèle une concentration des diagnostics chez les plus jeunes. En effet, la tranche des 0 à 4 ans représente 40,2 % des cas féminins et 38,3 % des cas masculins. Les enfants âgés de 5 à 9 ans représentent respectivement 31 % et 31,3 % des cas, tandis que la tranche des 10 à 14 ans totalise 28,9 % chez les filles et 30,4 % chez les garçons.

L’âge médian au diagnostic est de six ans, aussi bien chez les filles que chez les garçons, avec un âge moyen de 6,3 ans chez les filles et de 6,5 ans chez les garçons.

187 cas recensés chez les adolescents

Chez les adolescents âgés de 15 à 19 ans, le registre a comptabilisé 187 nouveaux cas en 2024. Les garçons représentent 55,6 % des cas, avec 104 diagnostics, contre 83 chez les filles, soit 44,4 %.

L’incidence brute s’établit à 56,09 cas par million chez les garçons et à 47,48 chez les filles. L’âge moyen au diagnostic est de 16 ans chez les garçons et de 16,8 ans chez les filles, tandis que l’âge médian est de 17 ans dans les deux groupes.

Ces résultats mettent en évidence la nécessité de maintenir une surveillance spécifique pour cette catégorie d’âge, dont les besoins médicaux et les modalités de prise en charge peuvent différer de ceux des jeunes enfants.

Un registre à renforcer pour une meilleure surveillance nationale

Mis en place le 1er janvier 2018, après une année pilote consacrée à l’expérimentation du questionnaire et à l’évaluation de la qualité des informations recueillies, le RNCEA constitue un outil essentiel pour mieux connaître l’évolution des cancers pédiatriques en Algérie.

Ses données proviennent des structures publiques et privées assurant la prise en charge des cancers de l’enfant et de l’adolescent dans la wilaya d’Alger, ainsi que des registres du cancer du réseau Centre couvrant 13 wilayas.

La répartition géographique des cas montre toutefois que 62,73 % des patients recensés résident dans les wilayas du réseau Centre, tandis que 37,27 % proviennent du reste du pays, y compris des réseaux Est et Ouest. Cette situation souligne l’importance d’élargir et d’harmoniser le dispositif de collecte afin d’obtenir une couverture nationale plus exhaustive.

Vers une amélioration de la collecte et de la qualité des données

Face à l’évolution du nombre de cas enregistrés, passé de 902 en 2023 à 1 025 en 2024, soit une progression de 13,6 %, plusieurs perspectives de développement ont été identifiées.

Parmi les priorités figurent l’extension du recueil des données aux réseaux Est et Ouest, la standardisation des supports de collecte, la mise en place d’un système informatisé de surveillance et la mise en réseau des registres des différentes wilayas.

L’objectif est d’améliorer l’exhaustivité et la fiabilité des données épidémiologiques, indispensables à l’orientation des politiques de santé, à la planification des ressources et à l’amélioration de la prise en charge des jeunes patients.

Au-delà des statistiques, ces résultats rappellent que la lutte contre les cancers de l’enfant et de l’adolescent repose sur une mobilisation durable de l’ensemble des acteurs de santé. Le renforcement du registre national constitue, à cet égard, un levier essentiel pour mieux mesurer l’ampleur de la maladie, identifier les besoins et adapter les stratégies de prévention, de diagnostic et de soins en Algérie.

Djamila Kourta

Encadré: 

Chez les adolescents, les mélanomes figure en tête

La répartition des cancers chez les adolescents âgés de 15 à 19 ans révèle des différences selon le sexe et la nature des pathologies. Selon les données du RNCEA pour l’année 2024, les mélanomes malins figurent parmi les cancers les plus représentés, avec une incidence brute de 12,01 cas par million chez les filles et de 10,79 chez les garçons.

Les lymphomes occupent également une place importante, avec une incidence de 12,41 cas par million chez les garçons et de 11,44 chez les filles. Les tumeurs malignes osseuses constituent une autre catégorie notable, avec respectivement 8,09 cas par million chez les garçons et 9,73 chez les filles.

Chez les garçons, les leucémies affichent une incidence de 5,39 cas par million, contre 1,14 chez les filles. Les tumeurs germinales présentent également une incidence plus élevée chez les garçons (3,24 contre 0,57 chez les filles). Une tendance similaire est observée pour les tumeurs du système nerveux sympathique, avec 3,24 cas par million chez les garçons contre 1 chez les filles.

Ces données mettent en évidence la diversité des cancers diagnostiqués à l’adolescence et les différences de répartition entre les deux sexes. Elles soulignent l’intérêt d’une surveillance épidémiologique adaptée à chaque tranche d’âge afin de mieux caractériser les pathologies et d’améliorer les stratégies de prise en charge.

D.K

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