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données du registre national du cancer

Registres du cancer  : L’Algérie face à une incidence croissante

En Algérie, le nombre de nouveaux cas de cancer est passé de 41 870 en 2015 à 60 743 en 2024, selon les données des registres des cancers de population présentée, jeudi 29 octobre, par le ministère de la santé . La consolidation de ces données met en évidence des tendances contrastées selon les localisations, avec la prédominance du cancer du sein chez la femme, le poids du cancer de la prostate chez l’homme et une baisse rapportée de l’incidence du cancer du poumon.

Évolution de l’incidence nationale des cancers 2015-2024

Les dernières données d’incidences 2024 des  registres  du cancer de population montrent que  l’incidence des cancers a poursuivi sa hausse continue en Algérie, s’établissant à 60 743 nouveaux cas en 2024 contre 41870 cas en 2015 au lancement du Plan Cancer. Plusieurs éléments concordants expliquent cette augmentation constante au fait de la transition épidémiologique et démographique majeure que traverse le pays; le vieillissement progressif de la population algérienne ; les progrès significatifs réalisés dans les moyens de diagnostic, de dépistage et de prise en charge des patients et l’élargissement continu de la couverture de l’enregistrement du réseau sur l’ensemble du territoire national.

Le cancer du sein, une priorité persistante

Le cancer du sein demeure l’une des principales localisations cancéreuses chez la femme. Sa fréquence élevée et la progression annuelle rapportée dans la présentation soulignent la nécessité de renforcer les stratégies de prévention, de dépistage et de diagnostic précoce.

Il représente à lui seul 42 % de l’ensemble des cancers féminins. En 2024, le nombre de nouveaux cas est estimé à 14 712, soit un taux d’incidence brut de 62,5 cas pour 100 000 femmes.
Les données des trois réseaux régionaux des registres du cancer (Est, Centre et Ouest) montrent des taux d’incidence relativement proches, avec toutefois des variations entre les régions :
Réseau Est et Sud-Est : 80,2 cas pour 100 000 femmes.
Réseau Centre et Sud : 61,05 cas pour 100 000 femmes.
Réseau Ouest et Sud-Ouest : 67,9 cas pour 100 000 femmes.

L’analyse des tendances sur plusieurs années constitue un outil essentiel pour mieux comprendre l’évolution de la maladie et adapter les dispositifs de prise en charge aux besoins de la population.

Le cancer de la prostate : le poids de l’âge

Chez l’homme, le cancer de la prostate représente une part importante des cas recensés, estimée à environ 16 % selon les données évoquées lors de la présentation.

Son incidence augmente avec l’âge. Toutefois, l’analyse des données concernant les patients de plus de 85 ans reste délicate, notamment en raison des difficultés liées à leur prise en charge et à l’enregistrement des cas. Une meilleure documentation de cette tranche d’âge permettrait d’affiner la connaissance de la maladie chez les personnes les plus âgées.

Le cancer du poumon : une tendance à la baisse

À l’inverse de certaines localisations en progression, le cancer du poumon présente une évolution à la baisse . La diminution annuelle mentionnée dans la présentation est de l’ordre de 2,9 %.

Cette tendance mérite d’être examinée au regard de l’évolution des facteurs de risque, notamment le tabagisme, tout en tenant compte de la qualité et de l’exhaustivité des données recueillies par les registres.

Des données essentielles pour orienter la prévention

Au-delà du dénombrement des nouveaux cas, les registres des cancers permettent de suivre les évolutions dans le temps, de comparer les différentes localisations et de mieux identifier les besoins en matière de prévention et de soins.

La consolidation des données nationales et régionales constitue ainsi un levier essentiel pour améliorer la surveillance épidémiologique et orienter les politiques de lutte contre le cancer en Algérie.

La fiabilité des informations enregistrées, leur actualisation régulière et leur harmonisation entre les structures de santé restent déterminantes pour disposer d’une vision précise de la situation épidémiologique et évaluer l’impact des actions engagées.

Djamila Kourta

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