L’Algérie a enregistré plus de 60 000 nouveaux cas de cancer en 2024, contre 56 000 précédemment, témoignant d’une hausse du nombre de cas recensés selon les données des registres du cancer de population en 2024. Le nombre de décès par cancer en Algérie est estimé à 37 135 d’après les estimations du centre interntional de recherche sur le cancer GLOBOCAN 2024.
Pour le Pr Hassen Mahfouf, président du Comité sectoriel de prévention et de lutte contre le cancer et chef de service oncologie à l’hôpital de Rouiba, ces chiffres, bien qu’alarmants, s’inscrivent dans l’évolution mondiale de l’incidence des cancers.
Chez les hommes, les cancers de la prostate, du côlon-rectum et du poumon figurent parmi les principales localisations . Chez les femmes, les cancers du sein, colorectaux et de l’ovaire sont les plus représentés.
Le spécialiste souligne la nécessité de renforcer le fonctionnement des registres des cancers, notamment ceux qui demeurent peu actifs, afin de disposer de données plus complètes à l’horizon 2027.
Il appelle également à surveiller l’évolution d’autres localisations, comme les cancers du pancréas et de l’estomac, et à mieux documenter l’âge moyen de survenue de ces maladies.
La lutte contre le tabagisme doit, selon lui, se poursuivre sans relâche. Le dépistage des cancers pour lesquels il existe des stratégies adaptées, notamment ceux du sein, du côlon-rectum et du col de l’utérus, constitue également un axe essentiel. La vaccination contre le HPV, envisagée à l’horizon 2027, devrait contribuer à prévenir certains cancers liés à ce virus.
L’amélioration des données épidémiologiques doit ainsi permettre d’adapter les stratégies de prévention, de dépistage et de prise en charge thérapeutique aux besoins de la population.
Djamila Kourta
