Le groupe Saidal mise sur la production locale de matières premières pharmaceutiques, notamment celles destinées à la fabrication de cinq familles d’antibiotiques essentiels, afin de renforcer la souveraineté médicamenteuse de l’Algérie et réduire sa dépendance aux importations.
Intervenant au sujet des projets industriels du groupe sur les ondes de la radio algérienne chaine I , le directeur général du groupe Saidal , Younes Bouarara, a souligné l’importance stratégique de la nouvelle usine de Saidal dédiée aux matières premières destinées à la fabrication des antibiotiques
Selon lui, ce projet inspecté, lors d’une visiste officielle sur les lieux, s’inscrit dans la volonté de développer une base industrielle pharmaceutique nationale, capable de répondre davantage aux besoins du marché algérien tout en ouvrant des perspectives à l’exportation.
75,1 milliards de dinars d’antibiotiques importés chaque année
L’un des principaux enjeux réside dans la réduction de la facture des importations. L’Algérie importe actuellement, selon les chiffres avancés par le responsable, environ 75,1 milliards de dinars d’antibiotiques par an.
Le projet de Saidal doit permettre de produire localement les matières premières nécessaires à la fabrication de cinq familles d’antibiotiquesessentiels. Les importations de ces matières premières représenteraient, à elles seules, près de 555 millions de dollars annuellement.
L’objectif est ainsi de produire suffisamment pour couvrir les besoins du marché national et, à terme, exporter les excédents.
Une ancienne infrastructure industrielle remise en activité
Le projet s’appuie notamment sur une infrastructure industrielle créée en 1982, initialement destinée à la production de pénicilline. Cet investissement avait représenté, à l’époque, environ 1,3 milliard de dollars pour l’État algérien, selon les propos du directeur général de Saidal. Le groupe entend aujourd’hui réhabiliter et valoriser cette infrastructure en élargissant son activité à la production de nouvelles matières premières pharmaceutiques.
Cette orientation doit également contribuer au renforcement des capacités industrielles et commerciales de Saidal et à son positionnement sur les marchés extérieurs.
Vers un pôle pharmaceutique national et régional
Pour Younes Bouarara, cette dynamique répond à une ambition plus large : faire de Saidal un pôle industriel pharmaceutique national et régional, capable d’accroître significativement son activité. Le groupe affiche notamment l’ambition d’atteindre, à terme, un chiffre d’affaires de l’ordre d’un milliard de dollars.Parallèlement à la production de matières premières, Saidal développe plusieurs projets stratégiques dans le domaine des médicaments innovants, notamment pour les cancers et les maladies chroniques.
Des projets dans les médicaments anticancéreux et les vaccins
Le directeur général de Saidal a fait savoir que groupe travaille également avec des partenaires étrangers sur plusieurs projets industriels consacrés à la production de médicaments anticancéreux et de vaccins, notamment à Annaba et à Constantine.
“Ces projets doivent privilégier un modèle de fabrication complète (« full process »), au-delà du simple conditionnement des produits pharmaceutiques“, a t-il indiqué.
Il a pécisé que dans le secteur des vaccins, la capacité de production devrait dépasser 10 millions de doses par an.
Réduire les tensions d’approvisionnement
À travers cette stratégie, Saidal entend également contribuer à améliorer la disponibilité des médicaments et à limiter les perturbations d’approvisionnement notamment après et l’exploitation des lignes de production de Hup Pharma.
“La production locale doit progressivement réduire la pression exercée par les importations sur la facture pharmaceutique nationale, tout en permettant au groupe de développer de nouvelles capacités industrielles.“, a t-il ajouté.
Les différents projets annoncés sont actuellement en cours de réalisation. La priorité sera donnée à la couverture des besoins du marché national, avant une montée en puissance progressive des exportations vers les marchés extérieurs.
Djamila Kourta
