Longtemps perçu comme une évolution inexorable vers la dialyse, le diagnostic d’insuffisance cardiaque n’est plus aujourd’hui une fatalité pour des centaines de milliers d’Algériens. Les avancées thérapeutiques récentes et une meilleure coordination des soins ouvrent désormais la voie à une prise en charge capable de freiner, voire de stopper, la progression du syndrome cardio-rénal.
Selon l’Organisation mondiale de la santé, plus de 64,3 millions de personnes vivent avec une insuffisance cardiaque dans le monde, avec près de 4 millions de nouveaux cas chaque année. En Algérie, la situation est tout aussi préoccupante : près de 919 000 patients seraient concernés, dont une proportion importante évolue vers des complications sévères touchant également les reins.
Réunis lors d’une rencontre scientifique organisée par NHS Mediacom, des spécialistes ont mis en lumière une réalité encourageante : des traitements innovants permettent désormais de protéger simultanément le cœur et les reins. Une avancée majeure qui transforme le pronostic des patients, leur offrant une perspective de vie plus longue et de meilleure qualité.
“L’inssuffuisance cardiaque est une pathologie en nette progression en Algérie», alerte le Pr Mohamed Chettibi, chef de service de cardiologie au CHU de Béni Messous en précisant que les femmes sont davantage exposées à l’hypertension et aux AVC, tandis que les hommes présentent plus d’infarctus et de maladies ischémiques.
L’inssufisance rénale, une maladie silencieuse
Des facteurs de risque qui cachent derrière une atteinte rénale dont le caractère est souvent silencieux affirme le Pr Farid Haddoum, néphrologue au CHU Mustapha: «On n’est jamais sûr que ses reins fonctionnent correctement en l’absence de symptômes ? », lance t-il et signaler que des patients arrivent souvent au stade de l’hémodialyse.
Pourtant, des solutions existent a-t-il affirmé. Pour lui, l’hémodialyse chronique est “l’échec de la médecine »,tout en plaidant pour la prescription des thérapeutiques innovants qui “permettent désormais de ralentir significativement la progression des maladies cardiaques et rénales, et de réduire les complications“, a- t-il déclaré.
Pr Zoubir Sari, spécialiste en médecine interne, estime que le coût de la prise en charge de ces pathologies chroniques inquiète. Il fait référence notamment aux hospitalisations répétées, les examens spécialisés et dialyse. “Les dépenses pèsent lourdement sur les familles et le système de santé. Nous faisons face à une véritable bombe financière à retardement», prévient le spécialiste.
Face à cette situation, les intervenants appellent à « sortir d’une médecine en silos » et à instaurer une prise en charge coordonnée entre cardiologues, néphrologues et médecins généralistes. La prévention, le dépistage et l’innovation thérapeutique constituent, selon eux, les piliers d’une stratégie efficace.
Un espoir renforcé par le développement de la production pharmaceutique locale et l’introduction de nouveaux traitements en Algérie. « Aujourd’hui, il est possible de vivre plus longtemps et mieux, en protégeant à la fois le cœur et les reins », concluent les experts.
Rania N.