Le diabète constitue aujourd’hui un défi majeur de santé publique à l’échelle mondiale. L’Algérie figure parmi les pays à forte prévalence, se positionnant dans le top 10 mondial en termes d’incidence et de prévalence.
En Algérie, environ 56 000 enfants vivent avec le diabète de type 1, selon les dernières estimations a indiqué Pr Bensmina Manoubia cheffe de service au CHU de Douéra lors du Master Class PeDiab Academy organisé durant deux jours (17 et 18 avril) par le laboratoire Sanofi à Alger.
Le diagnostic reste souvent tardif, avec un risque élevé de complications graves, a alerté Pr Bensmina: «Ces enfants ont besoin d’une prise en charge adaptée et à la hauteur des enjeux», a affirmé l’experte.
Elle a fait savoir que malgré les avancées médicales, le pronostic reste inquiétant. Un enfant diagnostiqué à un jeune âge peut voir son espérance de vie réduite, notamment en raison des complications, en particulier cardiovasculaires.

La spécialiste rappelle que le déséquilibre glycémique augmente fortement les risques de mortalité. «Plus le diabète est mal contrôlé, plus le risque de complications et de décès augmente», a-t-elle expliqué. D’où l’importance d’une prise en charge globale et adaptée.
Au-delà du traitement par insuline, le Pr Bensmina insiste sur l’importance d’une prise en charge globale intégrant : l’éducation thérapeutique, l’accompagnement familial et l’adaptation au mode de vie de l’enfant.
Chez l’enfant, la gestion du diabète est plus complexe en raison de la croissance, des variations hormonales et du manque d’autonomie. « La famille, et notamment la mère, joue un rôle central dans la prise en charge quotidienne », a-t-il souligné.
Des objectifs difficiles à atteindre
Les données internationales montrent que les objectifs de contrôle glycémique restent difficiles à atteindre chez les enfants et les adolescents. Toutefois, certaines expériences, notamment en Europe du Nord, démontrent que des résultats meilleurs sont possibles grâce à une prise en charge structurée et coordonnée.
Afin d’atteindre ces objectifs, l’experte signale que l’amélioration passe par une approche combinant la formation des professionnels , éducation des patients, utilisation des nouvelles technologies et harmonisation des pratiques.
«Les outils existent, mais ils doivent s’inscrire dans une prise en charge globale centrée sur le patient», a-t-elle conclu.

Former pour mieux soigner
Des sessions théoriques et des ateliers pratiques sur le diagnostic et typage / PK-Pd des insulines , la gestion de l’insulinothérapie et éduquer pour réussir sont animés, durant ces deux journées, par les expertes pour permettre aux spécialistes d’échanger sur leurs expériences et d’améliorer la prise en charge des enfants diabétiques afin d’offrir à chaque enfant, quel que soit son lieu de prise en charge, les meilleures chances de vivre longtemps et en bonne santé.
Djamila Kourta
