Face au nombre croissant de patients atteints d’insuffisance rénale terminale, des spécialistes alertent sur la nécessité de développer davantage la transplantation rénale en Algérie, considérée comme le traitement de référence. Plus de 27 000 patients sous dialyse et près de 3000 nouveaux cas d’insuffisance rénale terminale sont enregistrés chaque année.
La transplantation rénale demeure le traitement de choix pour les patients souffrant d’insuffisance rénale terminale a indiqué Pr Messaoud Saidani chef de service de néphrologie au CHU Beni Messous organisateur de la journée scientifique dédiée à la transplantation rénale et défis.

En Algérie, le nombre de greffes réalisées chaque année reste encore insuffisant au regard des besoins estime le Pr Saidani qui a rappelé que plus de 27 000 patients sous dialyse et près de 3 000 nouveaux cas d’insuffisance rénale terminale chaque année sont enregistrés : «À ce jour, un peu plus de 1 500 patients ont bénéficié d’une transplantation rénale», a ajouté Pr Saidani en jugeant le chiffre encore modeste.
«La transplantation est le meilleur traitement pour l’insuffisance rénale terminale. La dialyse ne peut pas répondre seule à la demande et ne constitue pas la solution optimale à long terme», a- t-il rappelé et de signaler que pour améliorer la prise en charge des patients, il faudrait atteindre environ 1 000 greffes rénales par an en Algérie.
Dans cette perspective, les discussions ont porté, durant cette journée scientifique, sur les principaux défis à relever pour développer davantage cette activité médicale. Les intervenants ont notamment mis en avant le caractère multidisciplinaire de la transplantation rénale, qui nécessite la mobilisation de nombreuses spécialités médicales ainsi qu’une coordination étroite entre les différentes équipes hospitalières.
Les échanges ont ainsi permis d’identifier plusieurs obstacles et de réfléchir aux solutions permettant de renforcer la dynamique de la greffe rénale dans le pays. «L’objectif est de souder les équipes, d’organiser des réunions multidisciplinaires et de cibler les problèmes afin de trouver rapidement des solutions pour augmenter le nombre de transplantations, ont expliqué les intervenants», a ajouté Pr Saidani.
Parmi les freins identifiés, durant la discussion, figure notamment la faible culture du don d’organes au sein de la population.
Les spécialistes ont insisté sur l’importance de renforcer les campagnes de sensibilisation afin d’encourager le don de rein, qui peut sauver de nombreuses vies.

Pr Saidani a fait savoir qu’une personne peut vivre normalement avec un seul rein. «Dans la population générale, certaines personnes vivent même avec un seul rein sans le savoir», soulignant que les dons d’organes sont strictement encadrés par des examens médicaux approfondis afin de garantir la sécurité des donneurs.
L’État a déjà mis en place les moyens nécessaires pour développer la transplantation rénale, mais une mobilisation plus large reste indispensable, a ajouté Pr Saidani.
Les différents intervenants ont souligné que la tâche est certes ardue mais Médecins, autorités sanitaires, associations et médias sont appelés à jouer un rôle clé dans la promotion du don d’organes et dans l’amélioration de la prise en charge des patients.
À travers ce type de rencontres scientifiques, les spécialistes espèrent ainsi renforcer la collaboration entre les différentes équipes médicales et lever les obstacles qui freinent encore le développement de la greffe rénale en Algérie.
Djamila Kourta
