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Ramadan et maladies chroniques : Le ministère de la Santé appelle à la vigilance médicale

Ramadan et maladies chroniques : Le ministère de la Santé appelle à la vigilance médicale

À l’approche du mois sacré, le ministère de la Santé multiplie les actions de sensibilisation. Une journée d’étude intitulée «Ramadan et Santé» a réuni, ce mercredi, experts et institutions pour définir une stratégie de prévention à destination des patients les plus fragiles.

​Le Secrétaire général du ministère de la Santé, Mohamed Talhi, a présidé au Sofitel d’Alger une rencontre cruciale sur la gestion des risques sanitaires durant le jeûne.

Accompagné du représentant de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), Dr Phanuel Habimana, et de responsables de la sécurité sanitaire et des Affaires religieuses, il a rappelé que le jeûne ne doit en aucun cas mettre en péril la vie des citoyens.

L’impératif de la consultation préalable

​Pour les personnes souffrant d’affections de longue durée, diabète, hypertension, pathologies cardiaques, rénales ou respiratoires, le jeûne sans encadrement médical représente un danger réel. M. Talhi a été catégorique : la décision de jeûner doit être prise en concertation avec le médecin traitant.

​«Seul le praticien est habilité à évaluer si le jeûne est sans risque, s’il nécessite un ajustement thérapeutique ou s’il est formellement déconseillé», a-t-il précisé. Le Secrétaire général a d’ailleurs tenu à souligner que préserver sa santé est un acte de foi : «L’adhésion au conseil médical ne contredit pas la piété ; elle témoigne du respect de la vie, une valeur suprême qu’il nous incombe de protéger.»

Diabète et vulnérabilité des seniors

​Le cas du diabète a été particulièrement mis en exergue. Un jeûne mal géré peut provoquer des fluctuations glycémiques sévères (hypoglycémies ou hyperglycémies) ainsi qu’une déshydratation critique.

Les experts ont également insisté sur la vulnérabilité des personnes âgées, souvent polymorbides, ainsi que des femmes enceintes ou allaitantes, pour qui l’effort métabolique du jeûne peut être excessif.

Pas de culpabilité, place au mode de vie sain

​Le ministère souhaite briser les tabous sociaux liés à la dispense de jeûne. «Le Ramadan ne doit pas être une source de pression sociale ou de culpabilité. La maladie est une excuse légitime», a martelé M. Talhi.

​En parallèle du suivi médical, les recommandations nutritionnelles restent le pilier d’un mois de carême serein :

Équilibre alimentaire : Privilégier des repas complets au moment du S’hour et de l’Iftar.

Modération : Limiter drastiquement les aliments gras et les produits sucrés.

Hydratation : Boire de l’eau en quantité suffisante durant la période de rupture du jeûne.

Récupération : Veiller à un sommeil régulier pour éviter l’épuisement physique.

​En conclusion, le représentant de l’OMS, Phanuel Habimana, a réitéré le soutien de l’organisation à cette démarche, affirmant que le jeûne peut être pratiqué en toute sécurité, à condition qu’il s’inscrive dans un parcours de soin personnalisé et responsable.

Rania N.

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