Membre de l’Association des Distributeurs Pharmaceutiques Algériens (ADPHA) et directeur général du groupe Vecopharm, Ammar Tibourtine dresse un état des lieux précis du secteur de la distribution pharmaceutique en Algérie, qu’il qualifie de maillon essentiel de la chaîne du médicament et de vecteur direct de la souveraineté sanitaire nationale.
«Nous sommes actuellement près de 400 distributeurs agréés au niveau du ministère de l’Industrie pharmaceutique, dont environ 200 à 250 réellement actifs. Les 34 membres de l’ADPHA assurent à eux seuls plus de 80 % du marché national», explique-t-il.
Ces acteurs disposent de succursales implantées sur l’ensemble du territoire, parfois jusqu’à sept dans le Sud, afin d’assurer une couverture homogène et de garantir la disponibilité du médicament dans toutes les régions.
Selon M. Tibourtine, cette structuration territoriale répond à une exigence de santé publique : «Notre objectif est de rendre le produit disponible de manière simultanée sur tout le territoire, tout en assurant une qualité de prestation conforme aux standards internationaux.» Il insiste notamment sur les produits à température dirigée, tels que les insulines et les vaccins, qui doivent être conservés entre 2 et 8°C.
Il souligne que les distributeurs se conforment strictement aux Bonnes Pratiques de Distribution, sous la supervision du ministère de tutelle, et qu’ils investissent dans des systèmes de traitement d’air et de contrôle hygrométrique garantissant le respect des conditions de conservation.
Évoquant l’évolution technologique du secteur, il met en avant la digitalisation comme un facteur déterminant de modernisation. « La numérisation a permis de faciliter la gestion des données et d’améliorer la traçabilité. Aujourd’hui, la préparation des commandes se fait via des tablettes connectées et les pharmaciens peuvent passer leurs commandes 24h/24 et 7j/7 à travers des applications mobiles », explique-t-il. Ces outils, précise-t-il, permettent une analyse plus fine des besoins du marché et contribuent à renforcer la performance du service.
Sur le plan logistique, Ammar Tibourtine souligne que la distribution pharmaceutique repose sur une activité quotidienne particulièrement dense. « Nous livrons chaque pharmacie deux à trois fois par jour. Cela représente près de 150 millions de kilomètres parcourus chaque année par l’ensemble des distributeurs», indique-t-il.
Il précise que le coût moyen de livraison est estimé à 11 dinars par kilomètre parcouru, un niveau qui traduit le poids des dépenses liées au carburant, à la maintenance et à l’usure du matériel roulant.
«Cela représente un investissement constant, d’autant que la livraison reste totalement gratuite pour les officines, malgré les charges logistiques importantes que cela implique », souligne -t-il.
Insistant sur l’importance du renouvellement de la flotte, Ammar Tibourtine estime qu’il s’agit d’un enjeu majeur pour la pérennité du service. «Aujourd’hui, il est essentiel pour nous de pouvoir renouveler régulièrement nos véhicules afin d’amortir les coûts liés à la prestation que nous assurons au quotidien. Cette étape est vitale, car elle conditionne la qualité de notre service, la sécurité de la chaîne logistique et la continuité de la distribution du médicament», a-t-il enfin conclu.
TDM
