“30 scientifiques algériens établis comme à l’étranger au cœur d’un nouveau Haut Conseil auprès du Président”.
Un nouvel organe consultatif placé auprès du Président de la République vient d’être institué pour renforcer le lien entre les compétences scientifiques algériennes établies à l’étranger et le système national de recherche, d’enseignement supérieur et d’innovation.
Le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a créé un Haut Conseil de la communauté scientifique nationale à l’étranger, à travers le décret présidentiel n° 26-293 du 7 septembre 2026, publié au Journal officiel n°66 du 13 septembre.
Doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière, le Conseil sera installé à Alger et aura pour principale mission de faire bénéficier les politiques et projets nationaux de l’expertise scientifique et technologique des compétences algériennes établies à l’étranger.
Une interface entre la diaspora scientifique et l’Algérie
Le Conseil devra notamment proposer des mécanismes durables permettant de connecter les scientifiques algériens à l’étranger au système national d’enseignement supérieur, de recherche scientifique et d’innovation.
L’objectif affiché est de mieux valoriser ce capital humain afin de contribuer au développement économique, social, scientifique, technique et culturel du pays.
Le nouvel organisme sera également appelé à apporter son expertise sur les projets considérés comme prioritaires au niveau national, en présentant des propositions et en contribuant à l’évaluation de leur faisabilité scientifique et technologique.
Autre mission : accompagner le développement du système national de recherche et d’innovation en s’inspirant des standards internationaux et en contribuant à la transition vers une économie fondée davantage sur la connaissance.
Veille sur les technologies avancées
Le texte confère également au Conseil une mission de veille scientifique et technologique. Il devra favoriser les échanges de connaissances et d’expériences et suivre les technologies avancées ou encore en phase de développement.
Cette expertise devra également permettre à l’Algérie de renforcer sa participation aux débats scientifiques nationaux et internationaux sur les grandes questions d’actualité.
Le Conseil pourra, dans ce cadre, organiser des réunions et des conférences.
39 membres, dont 30 scientifiques établis à l’étranger
La composition du Conseil fait une place prépondérante à la communauté scientifique algérienne à l’étranger.
Il comprendra un président et 39 membres, répartis en trois catégories :
- 30 compétences scientifiques nationales établies à l’étranger, sélectionnées notamment en fonction de leur poids scientifique international et de leurs spécialités stratégiques ;
- six représentants de secteurs ministériels, issus notamment de la Défense nationale, des Affaires étrangères, des Finances, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, de la Santé et de l’Économie de la connaissance ;
- trois dirigeants algériens d’entreprises économiques domiciliées à l’étranger, dont les activités contribuent à la recherche-développement et à l’innovation.
Le Conseil pourra par ailleurs solliciter toute personne ou entité susceptible de contribuer à ses travaux.
Des mandats de trois ans renouvelables une fois
Le président et les membres du Conseil sont nommés pour trois ans, avec la possibilité d’un seul renouvellement.
La présidence est attribuée par décret présidentiel, sur proposition du ministre chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, en concertation avec le ministre des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger.
La fonction de membre est non rémunérée.
Le décret impose par ailleurs aux membres une obligation de réserve et de confidentialité. Ils sont également tenus de respecter les règles relatives notamment aux conflits d’intérêts, à l’indépendance, à la neutralité et à la non-divulgation des informations auxquelles ils auront accès dans le cadre de leurs travaux.
Un fonctionnement structuré autour de commissions spécialisées
Le Conseil sera organisé autour de plusieurs instances : un président, une assemblée générale, un bureau, des commissions spécialisées et un secrétariat. Des groupes de travail pourront également être créés selon les besoins.
L’assemblée générale constitue l’organe décisionnel. Elle se réunira deux fois par an en session ordinaire, avec la possibilité d’organiser des sessions extraordinaires. Les réunions pourront se tenir par visioconférence, une modalité particulièrement adaptée à la participation de scientifiques installés à l’étranger.
Les travaux pourront aboutir à des avis, recommandations, rapports et études.
Le Conseil devra également présenter chaque année un rapport d’activité au Président de la République. Les recommandations adressées aux institutions concernées devront y être intégrées.
Les administrations devront fournir données et informations
Le décret prévoit une obligation de coopération de la part des secteurs ministériels, institutions et établissements publics. Ceux-ci devront fournir au Conseil les informations, rapports et données statistiques nécessaires à l’accomplissement de ses missions.
Cette disposition vise à permettre au Conseil de disposer des éléments nécessaires pour formuler ses avis et évaluer les projets qui lui seront soumis.
Un Conseil financé sur le budget de la Présidence
L’État mettra à sa disposition les ressources humaines ainsi que les moyens matériels et financiers nécessaires à son fonctionnement.
Son budget sera alimenté principalement par les subventions de l’État, auxquelles pourront s’ajouter des subventions des collectivités locales ainsi que des dons et legs autorisés par la législation.
Point institutionnel important : les crédits du Conseil seront inscrits dans le portefeuille de programmes de la Présidence de la République. Sa comptabilité sera soumise aux règles de la comptabilité publique et ses dépenses au contrôle financier prévu par la réglementation.
Un nouvel outil pour mobiliser l’expertise algérienne mondiale
À travers ce décret, l’Algérie se dote donc d’un cadre institutionnel destiné à mieux organiser la contribution de sa communauté scientifique établie à l’étranger.
Au-delà des échanges ponctuels ou des collaborations individuelles, le dispositif prévoit une interface permanente entre les compétences scientifiques de la diaspora, les institutions nationales et les projets stratégiques du pays.
Reste désormais à voir comment seront sélectionnées les 30 compétences scientifiques appelées à intégrer le Conseil, quelles seront les spécialités considérées comme prioritaires et surtout comment les avis et recommandations de cette instance consultative seront traduits en projets, programmes ou décisions au niveau national.
Rania N.
