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Révision du Numerus clausus : Le syndicat des pharmaciens algériens agréés saisit le Président de la République

Le syndicat national des pharmaciens Algériens agréés (SNPPA) a adressé le 7 janvier une révision à la baisse du numérus clausus sur les pharmacies de ville qui pourrait avoir des répercussions négatives au plan économique, social et sanitaire.

Dans un document portant une analyse de la situation adressé au Président de la République, le syndicat expose plusieurs arguments justifiants ses préoccupations.

Il appréhende d’emblée une forte concentration des officines dans  les zone urbaines si le numerus clausus est inférieur au ration de 1  pharmacien pour 5000  habitants. «cela accentuera la concurrence locale tout en négligeant les zones rurales ou mal desservies, aggravant les inégalités en matière d’accès aux soins. », explique t -il.

En plus d’un déséquilibre géographique, cette révision à la baisse du numérus clauses entrainera, selon le syndicat «une désertification rurale». Il signale que les zones rurales, qui souffrent déjà d’un manque de pharmacies, risquent de «rester à l’écart des nouvelles installations, faute d’attractivité économique. Cela pourrait entraîner une détérioration de l’accès aux médicaments pour les populations éloignées des centres urbains», ajoute t-il.

Fermeture massive des pharmacies

La réduction du chiffre d’affaires moyen par officine et des fermetures massives des pharmacies existantes  ne sont pas écartés s’inquiète le SNPPA en précisant que dans un contexte où les marges bénéficiaires sont déjà fixées par l’État, cela «mettra en péril la rentabilité de nombreuses pharmacies.».

Le SNPPA souligne  que les pharmacies existantes, particulièrement les plus petites, auront du mal à faire face à une concurrence déloyale. «Les officines les moins solides économiquement risquent de fermer, ce qui entraînera une perte d’emploi et une baisse de l’offre de soins».

Risques pour l’économie nationale

La multiplication des pharmacies entraînera, selon le SNPPA, une augmentation du stock national de médicaments, sans réelle augmentation de la demande des patients. «Cela risque de provoquer un gaspillage massif en raison de l’expiration des produits, engendrant des pertes économiques importantes estimées à plusieurs centaines de millions de dollars», indique le SNPPA et de déplorer  une augmentation des coûts par l’Etat à travers la sécurité sociale qui «devra rembourser des volumes croissants de médicaments, ce qui alourdira les dépenses publiques sans réelle amélioration de la qualité des soins.»

La détérioration de la qualité des services est également évoquée dans cette analyse car les pharmaciens devront réduire leurs dépenses et le personnel pour rester compétitifs, «ce qui affectera le conseil médical et le suivi des patients ainsi que la relation de confiance entre les patients et les professionnels de santé et accentuer les inégalités», précise le document.

Recommandations

La révision du numérus clausus nécessite une planification  stratégique, estime le syndicat des pharmaciens avec l’implication des syndicats et des associations professionnelles dans les réformes  pour garantir leur pertinence et leur efficacité

Encourager une répartition équitable des pharmacies entre zones urbaines et rurales à travers des incitations financières et des politiques adaptées.

Renforcer les contrôles pour éviter une ouverture anarchique des officines.

Djamila K.

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